Dramas·k-drama [Corée du Sud]

[A continuer ?] You who came from the stars

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My love from the star

Titre original: 별에서 온 그대 / Byeoleseo on geudae
Titres alternatifs : You came from the stars / My lover from the stars / You from another star / My love from another star
Genre: Romance, Comédie, Science-Fiction
Épisodes: 20 – 70 minutes
Chaîne: SBS
Première diffusion: 18 Décembre 2013
Réalisateur: Jang Tae Yoo
Scénariste: Park Ji Eun
Casting principal: Jun Ji Hyun (Chun Song Yi), Kim Soo Hyun (Do Min Joon), Park Hae Jin (Lee Hwi Kyung), Yoo In Na (Yoo Se Mi)
Casting secondaire: Kim Hyun Soo (Chun Song Yi jeune/Seo Yi Hwa), Jo Seung Hyun (Hwi Kyung jeune), Kim Chang Wan (Jang Young Mok), Shin Sung Rok (Lee Jae Kyung), Kim Kang Hyun (manager de Song Yi), Kim Bo Mi (styliste de Song Yi), Na Young Hee (Yang Mi Yun, mère de Song Yi), Ahn Jae Hyun (Chun Yoon Jae, frère de Song Yi)

Synopsis : Do Min Joon est un extraterrestre présent sur Terre depuis l’ère Joseon, soit il y a 400 ans. Il dispose de capacités extraordinaires – ouïe et vision surdéveloppées – ainsi qu’une apparence parfaite. Il fait la rencontre d’une célèbre actrice, Chun Song Yi, à qui il semble étrangement lié…

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My love from the star
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Min Joon

J’attendais ce drama depuis l’annonce de sa sortie pour retrouver Kim Soo Hyun ! Et il ne me déçoit pas du tout, j’adore déjà sa prestation et son personnage ! ❤ Il interprète le rôle d’un extraterrestre arrivé sur Terre il y a 400 ans. Il attend depuis tout ce temps de pouvoir retourner chez lui et ce sera le cas dans trois mois grâce au passage d’une comète. Il possède certains pouvoirs : une ouïe et une vision très développées, il peut se déplacer très rapidement et il peut arrêter le temps. Il a une apparence assez froide et une expression plutôt fermée en général mais il lui arrive aussi de sourire ou de se mettre en colère (et impossible de ne pas craquer pour lui à ce moment-là). En cette année 2013, il se nomme Do Min Joon et il est un professeur. J’avoue ne pas avoir bien compris ce qu’il enseignait exactement, quelque chose parlant des relations humaines dont l’amour. Il est habillé de manière très classieuse, que ce soit en costume ou de manière plutôt décontractée. Il possède beaucoup de connaissances, surtout littéraires. Bien que vivant dans le monde moderne, il n’a pas adopté toutes les technologies de celui-ci. Par exemple, il n’a pas de téléphone portable et se sert d’un pager. Il ne s’intéresse guère non plus à ce qui est à la mode en ce moment – drama, musique… – préférant plutôt jouant au go ou au mahjong. Il ne comprend pas toujours les actions et les pensées des humains et préfère de ce fait rester seul. Il n’a qu’un seul ami en la personne de Jang Young Mok, un avocat d’une soixantaine d’années.

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Song Yi

Chun Song Yi est une actrice célèbre approchant de la trentaine. Elle est dans ce métier depuis ses 15 ans et de ce fait, elle n’a pas réellement eu de scolarité normale. Elle est toujours étudiante à l’université – quand elle s’y rend – et il se trouve qu’un de ses cours est donné par Do Min Joon [oh coïncidence n°1]. Elle déménage dès le début dans l’appartement voisin de celui de Min Joon [oh coïncidence n°2]. Très belle, elle manque pourtant de sens commun – sans dire qu’elle soit stupide, elle fait beaucoup de remarques pas très intelligentes. Elle est très seule. Sa famille est composée d’une mère qui l’a fait débuter dans ce métier et qui est là pour elle seulement pour son argent, d’un père qu’elle semble beaucoup aimer mais qui est parti et d’un plus jeune frère qui l’ignore. Elle possède peu d’amis et la plupart de ces derniers la critiquent souvent. Si en public elle contrôle son image – de beauté seulement, dès que la caméra n’est plus là, son assurance se fissure. C’est un personnage que j’ai hâte de connaître plus en profondeur.

Lee Hwi Gyeong est l’amoureux transi de Chun Song Yi. Il l’a rencontré adolescent et la pourchasse depuis. Ils sont devenus amis mais se déclare comme son petit ami. Fils d’un riche groupe industriel, il a rejoint l’entreprise familiale en tant que simple employé où personne n’est censé être au courant de sa réelle identité. C’est un personnage assez naïf qui me fait bien rire pour le moment mais qui est aussi adorable dans son attitude envers Song Yi et See Mi.

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Song Yi, Hwi Gyeong et Yoo Se Mi

Yoo Se Mi est la meilleure amie de Song Yi. Elle est elle aussi actrice mais ne joue que des rôles secondaires. Elle éprouve des sentiments non partagés pour Hwi Gyeong, celui-ci étant trop obnubilé par Song Yi. Ils sont toutefois amis. Elle est toute gentille et adorable, protégeant toujours Song Yi. Et même si les gens ne s’adressent à elle que pour avoir des informations sur Song Yi, elle reste diplomate. J’espère qu’elle restera telle qu’elle est et ne deviendra pas jalouse de Song Yi. Elle est interprétée par la charmante Yu In Na que j’aime de plus en plus voir jouer.

Au niveau de la réalisation, elle est parfaite pour le moment. Les effets spéciaux tels que les arrêts dans le temps sont très réussis. La majorité des scènes se passe dans le présent mais il y en a quelques unes dans le passé racontant l’arrivée de Do Min Joon sur Terre et les personnes qu’il a rencontrées. Cela permet d’en savoir un peu plus sur le passé de Do Min Joon et comment il a passé ces 400 années sur Terre. Il a rencontré une jeune fille, dont le physique ressemble en tout point à celui de Song Yi jeune, qu’il a tenté de protéger mais il a échoué dans cette tâche. Est-il lié par le destin à Song Yi ?

A noter à la fin de chaque épisode, une sorte d’interview croisée des deux protagonistes sur un événement arrivé pendant l’épisode. Elles sont toujours réussies et souvent drôles.

Teaser :

A continuer ? Sans hésitation ! Kim Soo Hyeon est parfait, les autres acteurs me plaisent et j’aime les personnages du drama. J’ai hâte de savoir ce qu’il va se passer par la suite !

Article originellement publié le 28 décembre 2013.

Avis·Films·Les femmes coréennes dans la production audiovisuelle

[K-Movie] Pluto

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Pluto

Titre original: 명왕성 / Myungwangsung
Pays: Corée du Sud
Genre: Thriller
Durée: 107 minutes
Sortie: 11 Juillet 2013
Réalisatrice: Shin Su Won
Scénariste: Shin Su Won
Producteur: LxFrancis Lim
Compositeur: Ryu Jae Ah
Directeur de la photographie: Yun Ji Un
Société de production: SH Film
Société de distribution: CJ Entertainment
Casting principal: Lee David (Kim Joon), Seong Joon (Yoo Jin), Kim Kkobbi (Jeong Soo Jin), Kim Kwon (Han Myeong Ho), Nam Tae Boo (Choi Bo Ram), Seon Joo Ah (Kang Mi Ra), Ryoo Kyeong Soo (Park Jeong Jae)

Comment vous parler de ce film ? Je ne m’attendais pas du tout à ce que j’allais voir. Je l’ai visionné il y a presque un mois au moment où je rédige ces lignes et j’ai encore une impression très vive de celui-ci. Son ambiance est très intense et aujourd’hui encore je réfléchis à son sens. Avant de débuter cet avis, commençons par un petit paquet d’alertes de déclencheurs (trigger warnings) : violences psychologiques et physiques, agressions sexuelles, strangulation, dépression, suicide, meurtre, harcèlement scolaire, cruauté animalière. Ah oui, ce film est loin d’être un conte de fées. Pourtant, je l’ai beaucoup apprécié notamment pour sa réalisation technique.

Le casting est impeccable. Je connais Sung Joon depuis des années, j’ai vu plus de la moitié de ses dramas où il incarne surtout un prétendant dans une comédie romantique (Lie to me, I need romance 3, Madame Antoine…). Le registre ne peut donc être plus différent. Je suis aussi familière de Lee David mais je l’ai surtout vu dans des rôles secondaires (Bring it on, ghost, Hotel del Luna). Il incarne ici le rôle titre et sa prestation est convaincante. J’ai aussi croisé quelques autres acteurs et actrices dans des rôles secondaires dans d’autres productions même si la plupart du casting était débutant à l’époque.

Pluto est un thriller psychologique qui amène à réfléchir sur le système scolaire coréen. Le titre coréen est 명왕성 (Myungwangsung), c’est-à-dire Pluton. Le nom français choisi à la sortie de ce film est Suneung qui est le nom de l’examen coréen pour l’admission aux universités. C’est un jour particulier où le pays entier est mobilisé. En effet, cet examen décide de l’avenir de chaque étudiant. Pour permettre son organisation dans des conditions optimales, les horaires des bureaux sont décalés et les policiers sont présents pour aider les étudiants à arriver à destination. Pendant l’examen de langue, les avions ne décollent ou n’atterrissent pas. Le résultat de cet examen peut décider de toute une vie. La pression subie par les élèves est écrasante. L’origine sociale est aussi déterminante puisque les parents payent de nombreux cours particuliers très chers à leur progéniture pour qu’elle puisse réussir.

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Shin Su Won, la scénariste et réalisatrice de ce film, est une ancienne enseignante. Elle a assisté à la destruction mentale des élèves qui sont soumis à cette compétition stressante. Lorsqu’elle marchait dans la rue, quelqu’un lui a parlé de l’éviction de Pluton du système solaire et elle y a vu un parallèle avec la vie des lycéens. [1] Le titre original est donc Pluto, du nom de cette planète qui n’en est plus une. Le personnage de Jun est totalement identifié à Pluton car comme cette ancienne planète exclue du système solaire car elle n’avait pas la bonne forme et était trop éloignée du Soleil, il est un marginal rejeté par les autres. Cette idée n’est pas seulement présente comme métaphore. Le héros est féru de sciences et d’astronomie. Il possède une lunette astronomique qui lui permet d’observer la Lune pour rédiger un rapport scientifique. Cette analyse de la Lune est évoquée à plusieurs reprises pour permettre d’arriver à un climax à la fin du film. Une éclipse solaire a lieu à un moment très important du film et lui confère un certain symbolisme. Une éclipse solaire se produit lorsque la Lune se place devant le Soleil, plongeant alors la Terre dans le noir. Ce noir, associé à cette scène étant à l’apogée du film, semble donner des valeurs mystiques. Je surinterprète peut-être certains éléments mais il est sûr que cette scène est particulière vu comment elle est filmée. Pour ma part, j’y ai vu le renoncement et le désespoir le plus complet. Même lorsque la lumière ressurgit, elle n’apporte pas de renouveau ou d’espoir.

When planets move they sing a song, but we can’t hear it unless we’re in a black hole.

Le message de Shin Su Won peut être difficile à comprendre. Au départ, elle voulait écrire un roman de science-fiction avant de changer d’avis pour un film. En regardant Pluto, elle souhaitait que le spectateur éprouve un sentiment de peur et que la société change. Même si le cinéma ne peut pas changer le monde, elle voulait que le spectateur prenne conscience de ce que ces enfants subissent, ayant grandi dans la plus dure des compétitions. Certains en sont devenus des monstres. [2]

Petit aparté : le système scolaire sud-coréen est souvent dénoncé dans de nombreux films et dramas en se focalisant sur la différence de classe sociale qui engendre une compétition féroce ainsi que sur la pression ressentie. Avec cette phrase de Shin Su Won sur les monstres, cela me fait notamment penser au personnage de Shin Seung Ho dans At eighteen. Il doit exceller, il ressent une pression énorme notamment par ses parents et commet des actes qui ne sont heureusement pas ceux de ce film. Je pense qu’on peut trouver un personnage de ce type dans beaucoup de productions sur le sujet…

Le film commence fort avec la lettre d’un étudiant s’étant suicidé suite au système scolaire sud-coréen l’oppressant. Cette dénonciation est poursuivie tout le long du film par son histoire. Cependant, le film n’est pas une critique sociale mais un thriller psychologique. A noter toutefois le générique de fin à l’opposé de l’ambiance du film avec des images d’archive illustrant le jour du Suneung. Après ce message écrit blanc sur noir, le film se poursuit par une succession de plans rapides de jeunes cagoulés chassant un lapin dans la neige et qui se mélangent à ceux de la poursuite d’un jeune homme finissant tué. Ces images sont filmées par un téléphone portable puisque ce sont les étudiants eux-mêmes qui se filment d’où l’effet saccadé.

Après ce début mystérieux, la police enquête sur Jun, l’ancien camarade de chambre de Yoo Jin, la victime. Le film revient alors dans le passé, Jun arrivant juste dans le lycée et faisant la connaissance de Yoo Jin. La narration se poursuit en alternant scènes du passé et du présent pour montrer comment Jun est devenu ce qu’il est aujourd’hui et pour arriver à la situation explosive du moment.

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Yoo Jin & Jun

Le personnage de Jun est basé sur des étudiants que Shin Su Won a eu. Au départ, l’éducation publique donnait aux étudiants des familles à faible revenu des chances égales. Mais maintenant, les étudiants ne peuvent entrer dans des universités prestigieuses que lorsqu’ils obtiennent des scores élevés en coréen, en anglais et en mathématiques. Elle a rencontré des étudiants qui étaient exceptionnels dans d’autres matières. L’un d’eux était doué informatique et le directeur lui avait demandé de vérifier et de réparer son ordinateur lorsqu’il était hors service. Mais la famille de l’élève était pauvre, la relation entre ses parents s’est détériorée et sa mère souffrait d’un problème mental. L’élève est donc devenu rebelle. Ces étudiants sont devenus le prototype du personnage appelé « Jun ». [3]

Jun est un lycéen passionné de sciences, intelligent et avec de bons résultats scolaires dans son ancien lycée. Lorsqu’il arrive dans ce nouvel établissement, il ne fait pas le poids par rapport aux autres élèves. Il n’a juste pas la chance d’avoir une famille aisée. Sa mère ne peut lui fournir les cours particuliers qu’il désire, rien que l’inscription dans cette école lui a coûté très cher. Il partage sa chambre avec Yoo Jin, le lycéen au sommet de l’établissement dont la place n’est jamais détrônée. Sa famille vit aux États-Unis et il n’a que peu de contact avec elle. Jun essaye d’améliorer ses notes et prend bientôt part à un groupe secret.

L’école regroupe dans une classe spéciale les dix étudiants les plus performants. Ce club d’élite bénéficie d’un  matériel haut niveau individuel et d’un enseignant spécialisé. Ce qui n’est pas le cas des autres étudiants dont le couvre-feu de 22 heures les oblige à étudier dans le couloir où est la seule lumière existante. La compétition est féroce. Le top 10 reste souvent le même mais quelques places peuvent varier changeant ainsi les membres. Toutes les notes des élèves sont montrées dans le hall de l’établissement donc tout le monde peut voir les places de chacun. Et Yoo Jin qui est toujours à la première place. Tous les étudiants visent l’université nationale de Séoul mais les places sont très chères. L’équipe éducative entretient ce climat compétitif et laisse passer  les problèmes pour ne pas ruiner la réputation de l’établissement.

Un groupe secret, constitué d’étudiants de ce top 10, dirigé par Yoo Jin, s’échange des notes de révision pour améliorer leurs résultats aux examens. Jun est bien décidé à en faire partie, quitte à se perdre. En effet, ce groupe n’est pas seulement un groupe de révisions. Appelé « Rabbit Hunt », les membres fondateurs brutalisent les personnes qui ne leur plaisent pas ou qui menacent de prendre leur place. Masqués, ils violentent d’autres étudiants. Ils contrôlent aussi les éventuels élèves qui rejoignent leur groupe. Ceux-ci n’ont pas une vraie place de membre dans ce groupe mais comme ils souhaitent obtenir de meilleurs résultats, ils font ce qui est attendu d’eux. Jun choisit ainsi cette voie et doit effectuer des tâches violentes. Plus les missions se succèdent et plus il participe volontairement. Il arrive ainsi à un tel extrême qu’il ne peut plus faire marche arrière.

Yoo Jin est le leader de ce groupe. De nature distante, il préside au sommet avec des motivations peu claires. Suite à un accident, il prend de moins en moins part aux activités du groupe et n’approuve pas les actions trop violentes. Les autres membres vont alors se rebeller contre lui, en partie parce qu’ils n’approuvent pas le fait qu’il refuse désormais de se venger. Et aussi parce qu’avec une personne en moins au sommet, surtout que Yoo Jin était le meilleur étudiant, cela fait une chance de plus pour entrer à l’université…

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Ce film est perturbant mais laisse une forte impression. Ce mélange de réalisme sur la vie lycéenne, d’enquête policière et de thriller psychologique questionne sur la nature humaine. Les actions de ces lycéens sont violentes mais ne m’ont pas semblée au final si éloignées de la réalité que ça. Cela est perturbant à écrire mais cela pourrait réellement arriver. Les membres du Rabbit Hunt, guidés par Yoo Jin, accomplissent des actes ignobles qu’ils ne regrettent pas. Ils en sont même fiers comme le prouve ce site web regroupant des vidéos de leurs actes. Si l’acte final de Jun est par contre extrême, il n’en demeure pas moins réaliste. Ses gestes s’expliquent tout le long du film avec la montée en puissance de sa détresse et de sa colère. La fin m’a laissée avec une sensation de vide et d’amertume.

La réalisation de ce film m’a impressionnée. Les prises de vue sont très variées et impactent différemment les diverses scènes. Je vous ai déjà parlé de l’ouverture du film mais je n’avais pas mentionné le rapprochement de l’oeil de la victime mettant en scène un court voyage dans l’espace. Celui-ci est aperçu plusieurs fois lorsque les adolescents tentent d’accéder à ce ressenti, celui où ils peuvent écouter le chant des planètes alors que la vie s’échappe de leur corps, en s’étranglant par eux-mêmes ou en étranglant un camarade. Des plans particuliers m’ont aussi marquée, notamment des prises aériennes des murs du lycée donnant sur une cour intérieure où l’on peut voir les murs se resserrer autour des personnages. Ils tentent d’accéder à un autre futur mais ils sont enfermés dans leur classe sociale et ne peuvent en sortir. Ce rêve d’échappatoire s’illustre notamment par la vision de Pluton qui ouvre de nouvelles perspectives. Cependant, toutes les tentatives de Jun échouent. Au final, le film se clôt dans un espace soutterrain où la faible lumière du Soleil disparaît complètement lors d’une éclipse. L’écran est noir, seul le bruit fait écho au silence pour nous expliquer ce qu’il s’est passé.

Ressenti : ★★★★☆

Trailer :

Sources :
[1] Interview de East Asia
[2] Interview de Allons au cinéma avec Tommy
[3] Interview de KoBiz

Avis·Films·Les femmes coréennes dans la production audiovisuelle

[K-Movie] South bound

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South bound

Titre original: 남쪽으로 튀어 / Namjjeukeuro Twieo
Titre alternatif: Run to the South
Pays: Corée du Sud
Genre: Comédie dramatique
Durée: 121 minutes
Sortie: 6 Février 2013
Réalisatrice: Im Soon Rye
Scénaristes: Kim Yoon Seok, Lee Kye Byuk, Na Hyun, Choi Moon Seok
Basé sur le roman japonais de Hideo Okuda
Producteurs: Kim Bo Ram, Lee Mi Young
Compositeurs: Dalpalan, Jang Young Gyu
Directeurs de la photographie: Cho Yong Kyu
Sociétés de production: Film Train et Gummy Film
Société de distribution: Lotte Entertainment
Casting principal: Kim Yoon Seok (Choi Hae Kap), Park Sa Rang (Choi Na Rae), Han Ye Ri (Choi Min Joo), Baek Seung Hwan (Choi Na Ra), Oh Yeon Soo (Ahn Bong Hee), Kim Sung Kyun (Bong Man Deok), Kim Tae Hoon (professeur principal de Min Joo), Joo Jin Mo (agent), Jung Moon Sung (agent)

Choi Hae Kap est un réalisateur de films qui est très critique envers le gouvernement. Malgré le peu de succès de ses films, il possède une petite fanbase. Jugé subversif par le gouvernement, il est surveillé par celui-ci depuis longtemps. Quelques agents se renseignent donc quotidiennement sur lui notamment en jugeant ses convictions communistes. Il est marié à Ahn Bong Hee qui le soutient dans ses choix de vie. Lorsqu’elle était étudiante à l’université, elle a fait partie du mouvement de résistance contre le gouvernement. Tous les deux ressentent toujours la même idéologie. Ils étaient surnommés Choi Guevara et Jeanne d’Arc à l’époque. Ils possèdent un petit commerce qui semblerait être une maison de thé. En tout cas, on n’y voit jamais aucun client. Il leur est donc difficile de subvenir à leurs besoins.

Leur famille est composée de trois enfants. La plus grande, Choi Min Joo, a arrêté le lycée. Elle prend des cours de stylisme en tentant l’entrée d’une école tout en travaillant à temps partiel dans une épicerie. Son ancien professeur principal vient souvent la voir pour prendre de ses nouvelles. Il a manifestement le béguin pour elle. Le cadet, Choi Na Ra, est un collégien. Il se sent délaissé par son père au point de fuguer (et en prévenant pour que son père puisse avoir l’occasion de réagir…). Lorsqu’il voit des personnes victimes de harcèlement ou qu’il en est lui-même victime dû à ses conditions familiales, il est prêt à en découdre, notamment poussé par son père. La benjamine, Choi Na Rae, est une écolière. Elle est adorable et aime beaucoup sa famille.

La famille vit plutôt pauvrement sans pour autant manquer de choses essentielles. Le père est souvent envoyé en prison – quelques nuits ? quelques mois ? – en raison de ses actions alors c’est surtout la mère qui soutient financièrement la famille mais cela ne suffit pas à payer les factures courantes. Un ami d’enfance des parents, Bong Man Deok, est propriétaire d’une petite maison située sur une île très isolée. Cette dernière a été vendue à un membre du Congrès qui compte tout raser pour y bâtir une station touristique. Bong Man Deok retrouve Choi Hae Kap et Ahn Bong Hee pour essayer de faire changer d’avis l’homme politique et ainsi récupérer son bien.

Après diverses péripéties, la famille de Choi Hae Kap déménage dans l’ancienne maison de Bong Man Deok sans leur aînée. Celle-ci est partie habiter chez une amie pour travailler sur sa pièce de design lui permettant d’obtenir son diplôme. Officiellement, la maison tout comme l’île appartient au membre du Congrès. Cependant, Choi Hae Kap ne se considère pas comme un citoyen coréen car il est contre le système et il ne reconnaît donc pas l’autorité. La maison est sommaire, sans électricité ni eau courante. Toutefois un générateur et des pompes font circuler de l’énergie et de l’eau. La famille peut ainsi vivre sans avoir à payer quoi que ce soit au gouvernement. Ils se nourrissent de plantations qu’ils cultivent dans les champs et de poissons que le père pêche. L’île est principalement composée de seniors mais ceux-ci sont encore très actifs, que ce soit aux champs ou à la pêche.

La famille vit chichement mais semble heureuse. Les enfants et leur père se rapprochent et partagent des moments complices. La mère prend en charge l’éducation des enfants car l’école de l’île n’accueille que deux petites filles sans aucun professeur. Ils s’amusent ensemble ainsi qu’avec les résidents de l’île et les deux agents surveillant Choi Hae Kap depuis le début. Ils sont en effet contraints de continuer leur filature tout comme ils ont dû assister précédemment à la projection d’un des films du réalisateur. Le duo apporte notamment de l’humour dans plusieurs situations.

Le bonheur que la famille éprouve est cependant menacé. En effet, l’île est vendue et l’homme politique n’a aucunement l’intention de renoncer à son projet de reconstruction. S’il est vrai que l’île est composée principalement de personnes âgées, celles-ci apprécient leur vie ici. La plupart des résidents se sont fait bernées par les belles paroles du politicien. Choi Hae Kap n’a aucunement l’intention de laisser le membre du Congrès détruire cette île et son habitation. Avec l’aide des personnes qui l’entourent depuis le début du film, il défendra ses possessions jusqu’au bout.

Choi Hae Kap est prêt à tout pour défendre ses libertés, sauf à sacrifier sa famille. Il la protégera quoi qu’il lui en coûte. Cependant, sa femme n’a pas besoin de l’être et sera comme depuis toujours son soutien. Avec ce film, la réalisatrice adresse un point de vue critique sur la croissante incessante de la Corée du Sud en l’opposant à une vie paisible. (Dans une certaine mesure, on peut retrouver ce regard dans sa production Little forest.) Les personnages sont agréables à suivre, qu’ils soient principaux ou secondaires. Le film dure peut-être un peu trop longtemps, l’intrigue est longue à mettre en place avant d’arriver sur cette île isolée. Cependant, cela permet de bien situer les enjeux sociétaux et la critique gouvernementale. Je reste toutefois perplexe par rapport à la scène d’ouverture du film qui annonce le dénouement n’est pas celle de fin.

Ressenti : ★★★☆☆

Avis·Films·Les femmes coréennes dans la production audiovisuelle

[K/Th/S-Movie] Final recipe

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Final recipe

Titre original: 파이널 레시피
Titres alternatifs: Cooktales
Pays: Corée du Sud/Thaïlande/Singapour
Genres: Drame, Nourriture
Durée: 97 minutes
Sortie: 21 Septembre 2013
Réalisatrice: Kim Gina
Scénariste: George Huang
Producteurs: Yeonu Choi, Jeong Tae Sung, Steven Nam, Gina Kim
Compositeur: Mok Young Jin
Directeurs de la photographie: Kim Young Ho, Kim Jun Young
Compagnies de production: CJ Entertainment, Bang Singapore, Grand Elephant
Casting principal: Michelle Yeoh (Julia Lee), Henry Lau (Mark), Chin Han (David Chen), Chang Tseng (Hao)

Le film Final recipe est une coproduction internationale. La réalisatrice Gina Kim est coréenne, les sociétés de production sont coréenne, thaïlandaise et singapourienne, les acteurs parlent le mandarin et/ou l’anglais et le casting est international (chinois, américain, canadien, japonais, russe…). De plus, le film a été projeté pour la première fois lors du festival international du film San Sebastián en 2013 et a par la suite fait partie de la sélection officielle de plusieurs festivals. L’histoire est assez classique et peut ainsi se comprendre internationalement même si la culture asiatique est prégnante.

Le restaurant singapourien du grand-père de Mark risque la faillite. Sa santé est par ailleurs déclinante. Mark voyage secrètement jusqu’à Shanghai pour participer à un concours culinaire. S’il remporte la victoire, il gagnera assez d’argent pour facilement éponger les dettes du restaurant. Mark prend la place d’un participant qui ne s’est pas montré et doit impressionner la productrice Julia Lee et le chef cuisinier, son époux, David Chen. Mark est un jeune homme qui a grandi dans la cuisine de son père et de son grand-père Hao. Il apprécie les vertus de chaque aliment et il possède un talent indéniable pour combiner les saveurs. En participant à ce concours, il est autant enchanté de cuisiner que d’avoir une chance d’aider son grand-père.

Le concours culinaire est séparé en plusieurs parties. La présentatrice Julia Lee dirige l’émission, elle est secondée par un animateur qui met de l’ambiance. De plus, divers juges viennent superviser les concurrents. Dans la première partie, les participants qui arrivent à impressionner les juges par leur omelette sont qualifiés. Les parties suivantes sont réalisées en équipe. Celles-ci sont composées au hasard mais suivent les candidats jusqu’aux portes de la finale. L’équipe de Mark est évidemment faite de personnes au caractère bien trempé qui s’oppose sur plein d’éléments. Ils finissent évidemment par apprendre à travailler ensemble même si tout s’opère rapidement. Les quatre membres de l’équipe s’affrontent alors pour avoir la chance de participer à la finale. Quelques difficultés entachent le parcours de notre héros mais il n’y a jamais aucun doute sur le vainqueur final. Vu le niveau de compétition, la dernière manche m’a toutefois étonnée par les raisons d’éliminer les candidats. Le dernier duel voit alors Mark et le chef mondialement connu David Chen s’affronter.

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David Chen, Julia Lee et Mark

A travers cette compétition, le film sublime la nourriture. Divers mets sont mis en avant et les plats préparés ont tous l’air succulents. Différents types de candidats s’affrontent, certains sont diplômés d’écoles prestigieuses tandis que d’autres cuisinent chez eux. De même, il y a des plats sophistiqués et d’autres plus simples, comme de la nourriture de rue. Cela n’a pas d’importance tant que le goût est là.

Le film n’est cependant pas seulement centré sur la nourriture, il laisse une belle part à la famille. Le grand-père de Mark n’approuve pas que celui-ci s’intéresse à la cuisine. Il aimerait le voir devenir ingénieur. Hao a élevé son petit-fils après le départ de son père et ne veut pas revivre une douloureuse perte ce qui lui fait prendre une décision hâtive. Le père de Mark n’a jamais cessé de chercher son fils pendant toutes ces années. Leurs retrouvailles sont émouvantes mais bien que non surprenantes. A travers son voyage, Mark découvre ses aptitudes et son héritage culturel.

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Mark lors de la demi-finale

Final recipe ne présente pas un scénario innovant mais il raconte une jolie histoire de réconciliation familiale tout en proposant de succulentes images. En bref, le plaisir est essentiel à la création d’un plat comme vous l’éprouverez en visionnant ce film. Dernier conseil : à ne pas regarder le ventre vide !

Ressenti : ★★★★☆

Trailer :

Dramas·k-drama [Corée du Sud]

[Avis global] Hope for dating

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Hope for dating

Titre original: 연애를 기대해 / yeonaereul gidaehae
Titres alternatifs: Anticipate Love, Looking Forward To Romance, Hope For Love, Expect To Date, Waiting For Love
Genre: Romance, Comédie
Épisodes: 5 – 70 minutes
Chaîne: KBS2 – Drama Spécial
Période de diffusion: 11 Septembre 2013 – 12 Septembre 2013
Réalisateur: Lee Eun Jin
Scénariste: Joo Hwa Mi
Compagnie de production: IOK Media
Casting principal: BoA (Joo Yeon Ae), Choi Daniel (Cha Gi Dae), Im Si Wan (Jung Jin Gook), Kim Ji Won (Choi Sae Rom)
Casting secondaire: Oh Jung Se (Philip), Park Jin Joo (Do Kyung), Joo Sang Wook (cameo)

Hope for dating est un drama spécial de deux épisodes qui avait l’air plutôt sympa sur le papier et qui a été un peu décevant  à l’écran. Je l’ai quand même apprécié dans son ensemble.

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Hope for dating

Yeon Ae est une étudiante qui n’a pas de chance en amour. Son dernier petit-ami l’ayant trompée, elle décide de se venger en le dérangeant en plein rendez-vous avec sa compagne. Et ce de manière originale puisqu’elle lui jette des poulpes à la figure. Mais elle n’avait pas prévu que cette scène soit filmée et diffusée sur Internet, la faisant connaître comme « la fille aux poupes ». Heureusement, peu de gens sont au courant de ce secret mais elle ressort assez traumatisée de cette expérience. Elle ne croit plus vraiment en l’amour mais souhaite sortir avec un garçon charmant qui la respecterait. Un peu plus tard, elle assiste à un cours de relations amoureuses donné par un expert en amour, Philip. Bien qu’elle ne soit pas réellement en accord avec lui – et conseillée par son amie Do Kyung, elle décide de le contacter par messagerie pour qu’il l’aide à sortir avec quelqu’un. Mais la personne qu’elle contacte n’est pas réellement celle qu’elle croit…

Yeon Ae est interprétée par BoA. Si j’aime beaucoup ses chansons, je ne l’avais encore jamais vu jouer. Elle rend son personnage très crédible. C’est une belle jeune femme à la personnalité affirmée mais qui est assez passionnée dans ses relations amoureuses. Elle est très jalouse et en réalité peu sûre d’elle. Elle rêve d’une romance simple.

Choi Daniel (Baby Faced Beauty) est un acteur que j’apprécie beaucoup. Il joue ici le rôle de Gi Dae, un homme qui a été blessé dans le passé mais qui aujourd’hui semble ne plus accorder de grande importance à l’amour mais plutôt aux apparences. Il connaît Philip et celui-ci lui confie la charge de répondre aux messages de Yeon Ae. Il lui prodigue des conseils judicieux pour qu’elle puisse sortir avec l’homme de son choix. Toutefois, ils se révèlent l’un à l’autre lors de ces échanges et Gi Dae est amené à reconsidérer ses choix de vie. Il est dans une relation amoureuse où il ne fait pas le moindre faux pas, accédant à toutes les demandes de sa copine, mais cela est loin de ressembler à de l’amour.

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Gi Dae et Yeon Ae

Jin Guk, interprété par Im Si Wan, est un étudiant timide. Il est tombé amoureux de Yeon Ae et il est prêt à tout pour elle. Sae Rom, interprétée par Kim Ji Won (The heirs), est une jeune femme qui accorde tout aux apparences. Elle semble être avec Gi Dae plus parce qu’elle veut un petit-ami parfait que parce qu’elle aime. C’est un personnage que je n’ai guère apprécié mais qui est pourtant celui qui a l’une des meilleures réactions à la fin.

L’intrigue tourne autour de Gi Dae aidant Yeon Ae à sortir avec quelqu’un tout en explorant les facettes de chacun des personnages. Gi Dae et Yeon Ae s’échangent beaucoup de messages et finissent par oublier les autres qui les entourent. Si Gi Dae n’était pas spécialement heureux dans sa relation, Yeon Ae n’a pas le temps de s’investir dans la sienne, toujours trop occupée avec son téléphone. J’ai aimé voir la relation entre Gi Dae et Yeon Ae se construire, tous les deux ont beaucoup de points communs.

Ce drama explore les relations amoureuses modernes d’une manière intéressante. Il y a des moments qui incitent à réfléchir ainsi que des moments très touchants. Dans l’ensemble, cela reste assez léger. Le point le plus décevant est sans conteste la fin où Gi Dae agit avec lâcheté, pourtant la scène promettait une belle rencontre. [SPOILER] Quel était l’intérêt de les faire rencontrer quatre ans plus tard ? C’est sûr, on voit qu’ils étaient destinés à finir ensemble. Mais alors toute la tirade de Gi Dae comme quoi celui qui aime le plus est parfois celui qui gagne est inutile et la scène précédente plutôt pitoyable du coup. [/SPOILER]

Teaser :

Ressenti : ★★★☆☆

L’histoire est plaisante à suivre même si je n’ai pas apprécié les personnages plus que ça. Le drama est bien réalisé, les messages incluent sur l’écran sont une bonne idée. Je regrette la fin qui m’a déçue.

Article originellement publié le 31 décembre 2013.