Avis·Films·Les femmes coréennes dans la production audiovisuelle

[K-Movie] The wonder years

WonderYears-poster
The wonder years

Titre original: 열세살, 수아 / Yeolsesal Soo Ah
Titre alternatif: Thirteen years old
Pays: Corée du Sud
Genre: Famille
Durée: 94 minutes
Sortie: 26 Juillet 2007
Réalisatrice: Kim Hee Jung
Scénariste: Kim Hee Jung
Producteur: Cho Sung Kyu
Compositeur: Kim Jin Man
Directeur de la photographie: Chang Sung Baek
Société de production: Soo Film
Société de distribution: Sponge
Casting principal: Lee Se Young (Soo Ah), Chu Sang Mi (Young Joo), Choi Moo Sung (Yeong Pyo), Kim Yoon Ah (Yoon Sur Young), Yoo Hyun Ji (Ye Rin), Jung Ji Ahn (Eun Ji), Shin Min Gyu (Dae Hyun)

The wonder years, de son titre littéral Soo Ah, treize ans, s’intéresse au passage à l’âge adulte de sa protagoniste. Soo Ah est une adolescente de treize ans en pleine puberté. Affectée par le décès de son père survenu deux ans plus tôt, elle souffre de son absence. Sa mère étant trop occupée à tenir un restaurant pour subvenir à leurs besoins, elle se sent négligée. Soo Ah rêve alors d’une échappatoire à son quotidien.

Il me semble que cette fuite de la réalité prend diverses formes mais elle est surtout synonyme d’une rébellion adolescente. Soo Ah recherche son identité, que ce soit dans l’exploration de sa sexualité, de ses sentiments ou de son origine. Pour cela, elle se révolte contre sa mère.

Soo Ah est une jeune fille plutôt solitaire et renfrognée, qui semble avoir des difficultés à se faire des amis. Elle semble par ailleurs présenter quelques troubles du comportement, comme compter ses pas. Trois relations amicales ou amoureuses sont développées. Si aucune ne lui convient, elles lui permettent de faire ses propres expériences.

Lorsqu’elle aide une camarade de classe, Ye Rin, s’étant fait brutaliser par d’autres collégiennes, cette dernière se rapproche rapidement d’elle. Quelques paroles et rendez-vous suffisent à rendre ces deux adolescentes solitaires amies. Elles sont à l’opposée l’une de l’autre : son amie est jolie, douée à l’école et riche. Cela ne les empêche pas de s’apprécier et de s’amuser ensemble. Soo Ah explore aussi sa sexualité. [SPOILER]Lors d’une nuit où Soo Ah reste dormir chez son amie, alors que celle-ci dort, elle lui caresse tendrement le visage et les cheveux avant de déposer un baiser sur ses lèvres.[/SPOILER]

Lorsque les deux amies rompent le contact en raison d’un malentendu, Soo Ah se rapproche d’une ancienne amie plus âgée, Eun Ji. Celle-ci est une petite délinquante, séchant l’école, et travaillant dans un karaoké. Elle invite des hommes d’âge mur chanter avec elle, ils en profitent pour la peloter contre de l’argent (et plus ?).

La dernière relation qu’elle entretient est celle avec un garçon de son quartier, Dae Hyun. Elle ne l’apprécie pas vraiment mais diverses circonstances font qu’ils se croisent régulièrement. L’adolescent semble se soucier d’elle lorsqu’il la voit régulièrement seul.

wonderyears-pic3

Avec ces trois relations très différentes, Soo Ah expérimente diverses choses mais s’oppose surtout à sa mère. La voir ignorer ses problèmes, ne pas venir à sa cérémonie de remise des diplômes, se rapprocher d’un homme s’occupant d’une décharge, ne lui plaît pas. Elle aimerait avoir son attention. Elle se renferme alors dans un monde imaginaire. Elle a en effet plusieurs hallucinations qui concernent notamment son père et la chanteuse Yoon Sur Young.

Soo Ah est fan d’une chanteuse populaire. Elle découpe ses photographies, écrit un journal en collant des images et en s’adressant à elle, la regarde à la télévision… Peu à peu, elle pense que Yoon Sur Young est sa mère biologique. Elle est alors décidée à la voir pour la questionner. Celle-ci donnant un concert à Séoul, Soo Ah prend le train seule pour la retrouver.

Soo Ah mélange la réalité et la fiction dans son monde imaginaire. Les hallucinations sont impossibles à manquer, surtout celles concernant Yoon Sur Young. En effet, elles détonnent par rapport au reste du film. Les couleurs sont chatoyantes, dans des tons rouges. A chaque apparition de Yoon Sur Young, le spectateur peut assister à un véritable show ! Étrangement, cela se fond bien dans le film. Celui-ci est dans un style plutôt lent, sans être contemplatif, mais notant les gestes du quotidien, avec souvent Soo Ah au centre. Elle est vu attristée lorsque son VCR cesse de fonctionner, en train de marcher dans la rue avec un bâton dans une main et faisant du bruit sur une clôture, ou encore parlant avec les femmes du quartier qui la connaissent depuis longtemps. Une scène s’attarde sur le placement d’un miroir, où la mère de Soo Ah clame ne pas en avoir besoin, symbolisant ainsi son besoin de s’apprêter passé. Son compagnon n’est cependant pas de cet avis.

The wonder years est un film authentique, avec des personnages sincères, parfaitement joués par un casting talentueux. Lee Se Young s’est parfaitement appropriée le rôle de cette adolescente renfermée tandis que Chu Sang Mi brille dans son interprétation de cette mère qui essaye d’élever sa fille tout en essayant d’avoir sa propre vie. A noter la performance de Kim Yoon Ah qu’il est toujours fabuleux d’écouter. Cependant, j’ai moyennement aimé ce film lors mon visionnage notamment dû à sa lenteur d’exécution. Toutefois, réfléchir dessus pour écrire cet article m’a permis de mieux le comprendre et de l’apprécier à sa juste valeur.

Ressenti : ★★★☆☆

Avis·Films·Les femmes coréennes dans la production audiovisuelle

[K-Movie] Sisters on the road

sisters-on-the-road-poster
Sisters on the road

Titre original: 지금, 이대로가 좋아요 / Jigeum, idaeroga johayo
Pays: Corée du Sud
Genre: Comédie dramatique
Durée: 96 minutes
Sortie: 23 Avril 2009
Réalisatrice: Boo Ji Young
Scénariste: Boo Ji Young
Producteur: Park Soon Hong
Compositeur: Choi Seung Hyun
Directeur de la photographie: Kim Dong Eun
Société de production: DNA Production
Casting principal: Shin Min Ah (Park Myung Eun), Gong Hyo Jin (Oh Myung Ju), Kim Sang Hyun (Hyun Ah), Choo Kwi Hung (Hye Sook), Moon Jae Woon (Hyun Sik), Bae Eun Jin (Seung Ah)

Sisters on the road est un film indépendant qui a été projeté au festival du film international de Pusan en 2008. Sorti en salle en 2009, il a cumulé un taux d’audience de 21 645 personnes. Ce road movie s’intéresse à la réconciliation de deux demi-sœurs et à la maturité de la plus jeune.

Le film s’ouvre sur les deux héroïnes et les présente de manière contrastée. Elles sont vues en train de commencer leur journée. Myung Eun exerce un travail de bureau où beaucoup de choses lui sont demandées avec un patron qui ne peut se passer d’elle. Elle n’est clairement pas épanouie. Sous ses extérieurs de dureté, elle cache sa douleur d’avoir été abandonnée par son père. Myung Ju possède une poissonnerie. Elle est de nature plus enjouée. Mère célibataire, elle élève seule sa fille Seung Ah.

Un appel téléphonique les stoppe sur leur lieu de travail pour leur annoncer une mauvaise nouvelle. Elles se retrouvent pour la première fois depuis longtemps à l’occasion des funérailles de leur mère. Myung Eun est de retour sur l’île de Jeju, dans la maison de leur enfance, où elle a grandi avec sa soeur aînée d’une dizaine d’années, sa mère, et Hyun Ah, une femme qui est arrivée alors qu’elle n’était qu’une enfant et qui est considérée comme leur famille. Myung Eun et Myung Ju s’adressent à elle comme leur tante.

Les personnalités des deux sœurs sont très différentes. La plus âgée, Myung Ju, n’hésite pas à vivre comme elle l’entend. Elle est gentille et très sociable bien qu’immature. La plus jeune, Myung Eun, était une élève studieuse qui a grandi en n’acceptant pas d’être considérée comme une fille illégitime. Ses blessures ont fait d’elle quelqu’un dans la retenue. Les deux sœurs ont une relation assez conflictuelle, basée notamment sur des non-dits. Myung Eun n’accepte pas le caractère libéré de sa sœur alors qu’elle même souffre. Elle a honte que celle-ci soit devenue mère célibataire alors qu’elle n’était encore qu’une lycéenne et qu’elle continue le schéma familial. Quant à Myung Ju, elle cache aussi certains secrets.

Le père de Myung Ju est décédé quand elle n’était qu’une enfant. Sa mère a fait la connaissance de Park Hyun Sik, le père de Myung Eun, qui a tout de suite aimé la fillette. Il jouait avec elle et il rendait sa mère heureuse. Myung Eun est aussi jalouse de son aînée, qui a connu son père, alors qu’il l’a abandonnée. Lorsque les funérailles sont terminées, la famille trie les affaires de leur mère. Myung Eun décide alors de partir à la recherche de son père pour comprendre pourquoi il est parti. Pour cela, elle implique Myung Ju. Si celle-ci hésite à l’accompagner, elle le fait par culpabilité et par son devoir d’aînée.

Sisters_On_The_Road-pic3

La route des deux sœurs est longue, entre trajets en bateau et en voiture. Pendant leur voyage, elles se disputent sur leurs différences et expriment enfin les non-dits qui pesaient sur elles. En se parlant, en se remémorant leur passé, en partageant leurs secrets, elles finissent par s’accepter telles qu’elles sont.

Le film suit les deux sœurs pendant leur voyage. Cependant, il n’est pas que linéaire puisqu’il montre aussi des scènes de leur passé sur plusieurs temporalités différentes. Celles-ci sont toutes importantes pour comprendre leurs relations familiales et ce qui a fait ce qu’elles sont aujourd’hui. De plus, alors que les deux sœurs sont sur le continent, la vie de Seung Ah et Hyun Ah est aussi montrée. La fille de Myung Ju semble connaître son père mais ne l’apprécie pas, le fuyant dès qu’elle le voit. Le film ne résolve pas vraiment cette relation puisque ce n’est pas son sujet principal.

Une dispute sous la pluie atteint son apogée lorsque des mots durs sont échangés. Le climax ne peut que retomber ensuite. Après quelques plans rapprochés de scènes de paysage ou de décors passées lors de leur voyage, les héroïnes sont calmées et prennent le temps de se parler. Myung Eun découvre enfin la vérité. Elle trouve des réponses, certainement différentes de celles qu’elle attendait. Elle peut enfin laisser libre cours à ses larmes, repenser à son passé de manière plus sereine, et apprendre qui elle est vraiment et ce qu’elle souhaite dans la vie. Avec son twist inattendu, le film permet de réfléchir autrement sur le passé des personnages.

Sisters_On_The_Road-pic4

Le film dans son ensemble est plutôt lent, axé sur ses personnages. La musique est quasiment absente. Je l’ai principalement notée lorsque les deux sœurs commencent leur trajet en voiture, en la voyant s’éloigner sur la route. Le film n’est pas pour autant silencieux car il y a beaucoup de dialogues entre les deux sœurs cependant les scènes de silence sont aussi importantes. Le bruit a aussi son intérêt, notamment lors de la scène de la dispute où la pluie absorbe les paroles des deux sœurs.

I realize now that [his] long journey has finally ended. Mine begins now.

Myung Eun et Myung Ju ont toujours été une famille. Elles se sont retrouvées grâce à ce périple. Et surtout, Myung Eun a trouvé la personne qui a toujours été à ses côtés. La famille prend des formes différentes. Et si celle de Myung Eun n’est pas ordinaire, elle a toujours formé une famille.

Ressenti : ★★★☆☆

Avis·Films·Les femmes coréennes dans la production audiovisuelle

[K-Movie] The way home

jiburo-poster1

Titre original: 집으로 / Jibeuro
Titre français: Jiburo – Sur le chemin de la maison
Pays: Corée du Sud
Genres: Famille, Comédie dramatique
Durée: 87 minutes
Sortie: 4 Avril 2002
Réalisatrice: Lee Jeong Hyang
Scénariste: Lee Jeong Hyang
Producteurs: Wang Jae Woo et Whang Woo Hyun
Compositeurs: Kim Dae Hong et Kim Yang Hee
Directeur de la photographie: Yun Heung Sik
Société de production: Tube Entertainment
Société de distribution: CJ Entertainment
Casting principal: Kim Eul Boon (la grand-mère), Yoo Seung Ho (Sang Woo)

Je souhaitais faire le portrait d’une grand-mère proche de la nature qui nous donne la vie et nous aide à grandir. Je voulais absolument que les lieux de tournage restent les plus authentiques possibles et que la grand-mère soit quelqu’un qui donne de manière inconditionnelle. – Lee Jeong Hyang [1]

Comme la plupart des projets de Lee Jeong Hyang, Jiburo a muri pendant quelques années avant de voir le jour. Ce récit à la portée universelle est dédié à toutes les grands-mères comme le précise la dédicace de fin « En hommage à toutes les grands-mères ». Son rôle était donc très important à pourvoir. La réalisatrice a commencé par chercher le lieu du tournage. En effet, la majorité de l’action du film se passe dans un petit village. Elle a choisi Jeetongma, dans la province de Gyeongsang. Dans un village voisin où ne résidaient que huit familles, essentiellement composées de personnes âgées, elle fait la connaissance de Kim Eul Boon qui n’avait jamais vu un film de sa vie. Elle l’a convaincu d’interpréter son rôle titre. Les autres interprètes étaient aussi des acteurs amateurs à l’exception du rôle central joué par Yoo Seung Ho (qui a aujourd’hui la carrière qu’on lui connaît !). Ce dernier, comme son personnage, n’était pas habitué à la campagne. Au début du tournage, il avait très peur des sangsues qui pullulaient mais plus tard il finit par les utiliser pour réaliser des farces aux membres de l’équipe. [1]

Le tournage initialement prévu pour durer deux mois a duré trois fois plus de temps en raison de la météo et des lieux peu praticables mais surtout pour la méthode de travail employée par la réalisatrice. Lee Jeong Hyang souhaitait respecter la chronologie des scènes et non procéder par lieux afin de privilégier l’évolution de la relation des personnages au fil de l’histoire.

Je pensais au départ que le tournage ne dépasserait pas deux mois mais en réalité il a duré six mois. Je ne voulais pas tourner les scènes en les regroupant par lieu comme on le fait traditionnellement au cinéma. Je voulais tourner dans l’ordre chronologique de l’histoire pour saisir au mieux l’évolution subtile des émotions et des relations entre les personnages. – Lee Jeong Hyang [2]

Pour réaliser son film, Lee Jeong Hyang a privilégié le plan fixe. Les personnages sont aussi souvent filmés en plan rapproché ce qui permet de mettre en valeur les relations entre la grand-mère et son petit-fils. Les plans plus larges sont plus descriptifs. J’ai apprécié de voir l’aspect très rural de ce petit village coréen. Le contraste entre le monde urbain et le monde campagnard est très fort.

Au début du film, une mère célibataire, en proie a des difficultés financières, décide de laisser son fils de sept ans avec sa mère muette dans un village très reculé et dans une maison isolée. Ayant fui la maison familiale très jeune, la mère présente le petit-fils à sa grand-mère pour la première fois. Les laissant seuls tous les deux, avec quelques jouets et de la nourriture pour son fils Sang Woo, elle regagne la ville. Le jeune garçon n’accepte pas cette décision et déverse sa frustration sur sa grand-mère.

Sang Woo est un garçon capricieux. Habitué à la vie citadine, l’acclimatation à la vie rurale est très rude. Il n’a plus son confort habituel. Ses premières journées sont occupées par ses jeux vidéos et ses divers jouets mais lorsque les piles rendent l’âme, il s’ennuie. Sa grand-mère est une très vieille femme muette qu’il ne connaît pas et qui mène une vie très éloignée de celle à laquelle il est habitué. Il se montre hostile envers sa grand-mère, lui jouant des mauvais tours ou l’insultant. Pour autant, celle-ci demeure imperturbable. La grand-mère éprouve pour lui un amour inconditionnel. Elle tente tant bien que mal d’accéder à ses demandes. Très pauvre et diminuée physiquement, elle sacrifiera pourtant son argent et fera de nombreux efforts pour que son petit-fils puisse obtenir ce qu’il désire. Même s’ils ont des difficultés à communiquer, elle ne renonce pas à lui. Elle ne sait lire ni écrire, elle est très lente dans tous ses gestes, mais elle fait preuve d’une grande tendresse.

La nouvelle vie de Sang Woo s’écoule lentement. Il essaye de se lier d’amitié avec les quelques enfants du village, notamment une fillette de son âge. Il est jaloux d’un garçon qui est très proche d’elle. Peu à peu, il se rapproche de sa grand-mère, remarquant ses gestes désintéressés. Le chemin à parcourir a été long. Lorsqu’un pas en avant était fait, un pas en arrière n’était jamais loin. Le spectateur est souvent révolté du comportement de Sang Woo. La grand-mère laisse passer tous les actes de violence et fourberie de Sang Woo envers elle. Cette lente évolution est cependant touchante à voir. La réalisation montre la complicité qui se tisse petit à petit entre Sang Woo et sa grand-mère, notamment à travers des moments humoristiques.

Lorsque Jiburo se terminera, vous aurez certainement le sourire aux lèvres. Vous repenserez avec compassion à cette grand-mère mais aussi à vos propres ancêtres. A ce qu’ils ont sacrifié pour vous permettre d’être qui vous êtes aujourd’hui.

Ressenti : ★★★☆☆

Sources :
[1] Festival de Clermont
[2] Divers dossiers pédagogiques sur le film

Avis·Films·Les femmes coréennes dans la production audiovisuelle

[K-Movie] South bound

SouthBound-poster
South bound

Titre original: 남쪽으로 튀어 / Namjjeukeuro Twieo
Titre alternatif: Run to the South
Pays: Corée du Sud
Genre: Comédie dramatique
Durée: 121 minutes
Sortie: 6 Février 2013
Réalisatrice: Im Soon Rye
Scénaristes: Kim Yoon Seok, Lee Kye Byuk, Na Hyun, Choi Moon Seok
Basé sur le roman japonais de Hideo Okuda
Producteurs: Kim Bo Ram, Lee Mi Young
Compositeurs: Dalpalan, Jang Young Gyu
Directeurs de la photographie: Cho Yong Kyu
Sociétés de production: Film Train et Gummy Film
Société de distribution: Lotte Entertainment
Casting principal: Kim Yoon Seok (Choi Hae Kap), Park Sa Rang (Choi Na Rae), Han Ye Ri (Choi Min Joo), Baek Seung Hwan (Choi Na Ra), Oh Yeon Soo (Ahn Bong Hee), Kim Sung Kyun (Bong Man Deok), Kim Tae Hoon (professeur principal de Min Joo), Joo Jin Mo (agent), Jung Moon Sung (agent)

Choi Hae Kap est un réalisateur de films qui est très critique envers le gouvernement. Malgré le peu de succès de ses films, il possède une petite fanbase. Jugé subversif par le gouvernement, il est surveillé par celui-ci depuis longtemps. Quelques agents se renseignent donc quotidiennement sur lui notamment en jugeant ses convictions communistes. Il est marié à Ahn Bong Hee qui le soutient dans ses choix de vie. Lorsqu’elle était étudiante à l’université, elle a fait partie du mouvement de résistance contre le gouvernement. Tous les deux ressentent toujours la même idéologie. Ils étaient surnommés Choi Guevara et Jeanne d’Arc à l’époque. Ils possèdent un petit commerce qui semblerait être une maison de thé. En tout cas, on n’y voit jamais aucun client. Il leur est donc difficile de subvenir à leurs besoins.

Leur famille est composée de trois enfants. La plus grande, Choi Min Joo, a arrêté le lycée. Elle prend des cours de stylisme en tentant l’entrée d’une école tout en travaillant à temps partiel dans une épicerie. Son ancien professeur principal vient souvent la voir pour prendre de ses nouvelles. Il a manifestement le béguin pour elle. Le cadet, Choi Na Ra, est un collégien. Il se sent délaissé par son père au point de fuguer (et en prévenant pour que son père puisse avoir l’occasion de réagir…). Lorsqu’il voit des personnes victimes de harcèlement ou qu’il en est lui-même victime dû à ses conditions familiales, il est prêt à en découdre, notamment poussé par son père. La benjamine, Choi Na Rae, est une écolière. Elle est adorable et aime beaucoup sa famille.

La famille vit plutôt pauvrement sans pour autant manquer de choses essentielles. Le père est souvent envoyé en prison – quelques nuits ? quelques mois ? – en raison de ses actions alors c’est surtout la mère qui soutient financièrement la famille mais cela ne suffit pas à payer les factures courantes. Un ami d’enfance des parents, Bong Man Deok, est propriétaire d’une petite maison située sur une île très isolée. Cette dernière a été vendue à un membre du Congrès qui compte tout raser pour y bâtir une station touristique. Bong Man Deok retrouve Choi Hae Kap et Ahn Bong Hee pour essayer de faire changer d’avis l’homme politique et ainsi récupérer son bien.

Après diverses péripéties, la famille de Choi Hae Kap déménage dans l’ancienne maison de Bong Man Deok sans leur aînée. Celle-ci est partie habiter chez une amie pour travailler sur sa pièce de design lui permettant d’obtenir son diplôme. Officiellement, la maison tout comme l’île appartient au membre du Congrès. Cependant, Choi Hae Kap ne se considère pas comme un citoyen coréen car il est contre le système et il ne reconnaît donc pas l’autorité. La maison est sommaire, sans électricité ni eau courante. Toutefois un générateur et des pompes font circuler de l’énergie et de l’eau. La famille peut ainsi vivre sans avoir à payer quoi que ce soit au gouvernement. Ils se nourrissent de plantations qu’ils cultivent dans les champs et de poissons que le père pêche. L’île est principalement composée de seniors mais ceux-ci sont encore très actifs, que ce soit aux champs ou à la pêche.

La famille vit chichement mais semble heureuse. Les enfants et leur père se rapprochent et partagent des moments complices. La mère prend en charge l’éducation des enfants car l’école de l’île n’accueille que deux petites filles sans aucun professeur. Ils s’amusent ensemble ainsi qu’avec les résidents de l’île et les deux agents surveillant Choi Hae Kap depuis le début. Ils sont en effet contraints de continuer leur filature tout comme ils ont dû assister précédemment à la projection d’un des films du réalisateur. Le duo apporte notamment de l’humour dans plusieurs situations.

Le bonheur que la famille éprouve est cependant menacé. En effet, l’île est vendue et l’homme politique n’a aucunement l’intention de renoncer à son projet de reconstruction. S’il est vrai que l’île est composée principalement de personnes âgées, celles-ci apprécient leur vie ici. La plupart des résidents se sont fait bernées par les belles paroles du politicien. Choi Hae Kap n’a aucunement l’intention de laisser le membre du Congrès détruire cette île et son habitation. Avec l’aide des personnes qui l’entourent depuis le début du film, il défendra ses possessions jusqu’au bout.

Choi Hae Kap est prêt à tout pour défendre ses libertés, sauf à sacrifier sa famille. Il la protégera quoi qu’il lui en coûte. Cependant, sa femme n’a pas besoin de l’être et sera comme depuis toujours son soutien. Avec ce film, la réalisatrice adresse un point de vue critique sur la croissante incessante de la Corée du Sud en l’opposant à une vie paisible. (Dans une certaine mesure, on peut retrouver ce regard dans sa production Little forest.) Les personnages sont agréables à suivre, qu’ils soient principaux ou secondaires. Le film dure peut-être un peu trop longtemps, l’intrigue est longue à mettre en place avant d’arriver sur cette île isolée. Cependant, cela permet de bien situer les enjeux sociétaux et la critique gouvernementale. Je reste toutefois perplexe par rapport à la scène d’ouverture du film qui annonce le dénouement n’est pas celle de fin.

Ressenti : ★★★☆☆

Avis·Films·Les femmes coréennes dans la production audiovisuelle

[K/Th/S-Movie] Final recipe

finalrecipe-poster
Final recipe

Titre original: 파이널 레시피
Titres alternatifs: Cooktales
Pays: Corée du Sud/Thaïlande/Singapour
Genres: Drame, Nourriture
Durée: 97 minutes
Sortie: 21 Septembre 2013
Réalisatrice: Kim Gina
Scénariste: George Huang
Producteurs: Yeonu Choi, Jeong Tae Sung, Steven Nam, Gina Kim
Compositeur: Mok Young Jin
Directeurs de la photographie: Kim Young Ho, Kim Jun Young
Compagnies de production: CJ Entertainment, Bang Singapore, Grand Elephant
Casting principal: Michelle Yeoh (Julia Lee), Henry Lau (Mark), Chin Han (David Chen), Chang Tseng (Hao)

Le film Final recipe est une coproduction internationale. La réalisatrice Gina Kim est coréenne, les sociétés de production sont coréenne, thaïlandaise et singapourienne, les acteurs parlent le mandarin et/ou l’anglais et le casting est international (chinois, américain, canadien, japonais, russe…). De plus, le film a été projeté pour la première fois lors du festival international du film San Sebastián en 2013 et a par la suite fait partie de la sélection officielle de plusieurs festivals. L’histoire est assez classique et peut ainsi se comprendre internationalement même si la culture asiatique est prégnante.

Le restaurant singapourien du grand-père de Mark risque la faillite. Sa santé est par ailleurs déclinante. Mark voyage secrètement jusqu’à Shanghai pour participer à un concours culinaire. S’il remporte la victoire, il gagnera assez d’argent pour facilement éponger les dettes du restaurant. Mark prend la place d’un participant qui ne s’est pas montré et doit impressionner la productrice Julia Lee et le chef cuisinier, son époux, David Chen. Mark est un jeune homme qui a grandi dans la cuisine de son père et de son grand-père Hao. Il apprécie les vertus de chaque aliment et il possède un talent indéniable pour combiner les saveurs. En participant à ce concours, il est autant enchanté de cuisiner que d’avoir une chance d’aider son grand-père.

Le concours culinaire est séparé en plusieurs parties. La présentatrice Julia Lee dirige l’émission, elle est secondée par un animateur qui met de l’ambiance. De plus, divers juges viennent superviser les concurrents. Dans la première partie, les participants qui arrivent à impressionner les juges par leur omelette sont qualifiés. Les parties suivantes sont réalisées en équipe. Celles-ci sont composées au hasard mais suivent les candidats jusqu’aux portes de la finale. L’équipe de Mark est évidemment faite de personnes au caractère bien trempé qui s’oppose sur plein d’éléments. Ils finissent évidemment par apprendre à travailler ensemble même si tout s’opère rapidement. Les quatre membres de l’équipe s’affrontent alors pour avoir la chance de participer à la finale. Quelques difficultés entachent le parcours de notre héros mais il n’y a jamais aucun doute sur le vainqueur final. Vu le niveau de compétition, la dernière manche m’a toutefois étonnée par les raisons d’éliminer les candidats. Le dernier duel voit alors Mark et le chef mondialement connu David Chen s’affronter.

FinalRecipe-pic3
David Chen, Julia Lee et Mark

A travers cette compétition, le film sublime la nourriture. Divers mets sont mis en avant et les plats préparés ont tous l’air succulents. Différents types de candidats s’affrontent, certains sont diplômés d’écoles prestigieuses tandis que d’autres cuisinent chez eux. De même, il y a des plats sophistiqués et d’autres plus simples, comme de la nourriture de rue. Cela n’a pas d’importance tant que le goût est là.

Le film n’est cependant pas seulement centré sur la nourriture, il laisse une belle part à la famille. Le grand-père de Mark n’approuve pas que celui-ci s’intéresse à la cuisine. Il aimerait le voir devenir ingénieur. Hao a élevé son petit-fils après le départ de son père et ne veut pas revivre une douloureuse perte ce qui lui fait prendre une décision hâtive. Le père de Mark n’a jamais cessé de chercher son fils pendant toutes ces années. Leurs retrouvailles sont émouvantes mais bien que non surprenantes. A travers son voyage, Mark découvre ses aptitudes et son héritage culturel.

FinalRecipe-pic4
Mark lors de la demi-finale

Finale recipe ne présente pas un scénario innovant mais il raconte une jolie histoire de réconciliation familiale tout en proposant de succulentes images. En bref, le plaisir est essentiel à la création d’un plat comme vous l’éprouverez en visionnant ce film. Dernier conseil : à ne pas regarder le ventre vide !

Ressenti : ★★★★☆

Trailer :