Les femmes coréennes dans la production audiovisuelle

Annonce : Quelle est la situation actuelle des femmes coréennes dans la production audiovisuelle ?

En 2020, j’ai lancé le projet Les femmes coréennes dans la production audiovisuelle (abrégé en FCPA) où j’ai mis en avant les réalisatrices sud-coréennes pendant un an. Je vais continuer ce projet en 2021 parce que je souhaite encore mettre en lumière les femmes à l’écran puisqu’elles ne sont malheureusement toujours pas assez représentées même si elles se font davantage entendre.

Si les femmes apparaissent de plus en plus nombreuses à l’écran et derrière celui-ci, cela avance très doucement. De plus en plus de mouvements féministes font bouger les choses mais il faut que l’industrie entière prenne conscience de ses problèmes et surtout agisse en conséquence. La Corée du Sud semble en bonne voie. Ces dernières années, la Corée du Sud s’est de plus en plus sensibilisée à la disparité entre les sexes dans l’industrie cinématographique. De plus, elle a montré un intérêt croissant pour les histoires féminines à l’écran. À la suite d’un rapport sur les abus sexuels dans l’industrie, le Korean Film Council et Women In Film Korea ont lancé le Centre pour l’égalité des sexes dans le cinéma coréen en 2018 pour mener des études et influencer les politiques de l’industrie. En 2019, les programmeurs du Festival international du film de Busan ont annoncé que 27% des films projetés étaient réalisés par des femmes, un record pour le plus grand événement cinématographique de Corée.1 Au 46ème Festival du film indépendant de Séoul (2019), 67,5% des films sélectionnés étaient réalisés par des femmes, soit une augmentation de 48% par rapport à l’année précédente.2 Cela s’explique notamment par le fait que des grands magazines ont fait la publicité des films réalisés par des femmes. Je pense aussi que cela peut se comprendre par le fait de montrer des films que le public désire voir… D’ailleurs, le directeur Festival du film indépendant de Séoul partage aussi mon avis.

Nous voyons que le moment est venu où plus d’histoires sur les femmes sont demandées. – Kim Dong Hyun

De plus en plus de femmes sont derrière la caméra ainsi que devant celle-ci. Il est à espérer que ce nombre augmente aussi dans tous les autres métiers de l’industrie cinématographique…

De nombreuses réalisatrices traversent de nouveaux défis. J’espère qu’il y aura plus de femmes réalisatrices avec une voix en tant que membre de l’industrie cinématographique et pas seulement en tant que réalisatrice. – Lee Jeong Eun

Des films ont peu à peu cessé de laisser à une femme le rôle d’un faire-valoir de l’homme. Elle n’a pas à être un personnage féminin vu par le prisme d’un personnage masculin comme la traditionnelle épouse et mère de famille ou alors la femme séductrice. Elle peut exister par elle-même et incarner n’importe quel type de rôle. Le 6 mars 2020, en commémoration de la journée internationale des droits de la femme, Marie Claire Corée a publié une vidéo pour sa campagne Gender Free. La vidéo montre huit actrices délivrant des répliques interprétées à l’origine par des acteurs masculins. La campagne sert à sensibiliser à la fluidité des genres et à briser les normes de genre qui prévalent dans l’industrie cinématographique.

Plus de possibilités sont ainsi offertes aux femmes mais la société patriarcale dans laquelle elles sont les oblige souvent à renoncer. Le film Kim Ji Young, born 1982 (2019) donne un aperçu des défis auxquels les femmes sont confrontées dans leur vie quotidienne : équilibre entre la famille et le travail, les normes culturelles patriarcales, la santé mentale et l’exploration de son identité. De nombreuses femmes sont contraintes d’abandonner puisqu’elles doivent choisir entre leur travail ou leur famille.

La réalisatrice Nam Soon Ah n’a jamais voulu se marier ou avoir d’enfant comme tant d’autres de ses pairs. Cependant, la plupart cèdent aux pressions de la société ou tombent simplement amoureuses et veulent fonder une famille. Le problème est qu’elles peuvent ensuite difficilement travailler en même temps. Je vous invite à lire son témoignage édifiant. 3

Comme beaucoup d’autres femmes, je m’inquiète continuellement de savoir comment survivre dans cette industrie. En tant que femme féministe dans l’industrie cinématographique centrée sur les hommes, j’ai choisi de me rassembler avec d’autres collègues féministes (principalement des femmes) et de devenir des alliées. Bien que nous ne puissions pas travailler ensemble immédiatement, nous intéresser mutuellement aux projets de chacun, analyser les résultats et en trouver les points admirables, envisager des processus de travail alternatifs et changer la culture de l’industrie, résister ensemble aux injustices et partager même les plus petits emplois à temps partiel pour gagner sa vie pour continuer à faire du cinéma sont autant de moyens de s’entraider. Parce que je ne peux pas faire cela seule, j’ai cherché et je cherche toujours des alliés pour résister ensemble. – Nam Soon Ah

Je continuerai à faire entendre la voix des femmes pendant une nouvelle année. Les réalisatrices sud-coréennes seront toujours mises en valeur à travers divers thèmes dans des articles de présentation et de recherches ainsi que des avis sur des films. J’aimerais aussi diversifier un peu plus le contenu en vous proposant des classements, des avis sur des dramas et d’autres surprises. Des visionnages communs seront toujours organisés et annoncés en même temps que les thèmes. Ceux-ci dureront entre un et deux mois selon le nombre d’articles prévus mais écrire pendant un an sur ces femmes m’a donné envie de vous partager le plus de choses possible.

Il ne fait aucun doute que la racine de ce problème ne sera résolue que si la société change. En vieillissant, de plus en plus d’alliés et d’amis se marieront et auront des enfants. Ces jours-ci, je réfléchis à la façon dont je peux maintenir les relations avec eux. Au lieu de sentir qu’ils ont « disparu » ou « partis », je veux les aider s’ils souhaitent continuer à filmer, et je veux aussi obtenir de l’aide de leur part. Même s’ils ne font plus de films, je veux trouver des moyens pour nous de partager nos vies. Je veux garder jusqu’à la fin mes quelques alliés durement gagnés dans cette industrie. – Nam Soon Ah

Sources :
[1] Un long chemin pour les femmes réalisatrices en Corée du Sud : les films coréens réalisés par des femmes de la NYAFF et la lutte en cours pour l’égalité des sexes sur Film Maker Magazine
[2] Des femmes envahissent les écrans de cinéma en Corée du Sud sur The Jakarta Post
[3] Pourquoi les femmes artistes doivent-elles choisir entre le travail et la famille ? sur ILDA

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11 commentaires sur “Annonce : Quelle est la situation actuelle des femmes coréennes dans la production audiovisuelle ?

  1. Je suis très contente que tu continues ce projet. Je l’ai trouvé passionnant et j’ai lu avec plaisir tes différents articles. j’espère pouvoir participer à plus de VC.

    Cet article était très intéressant et cette vidéo !! *_* Les actrices sont superbes. Est ce que tu connaitrais le nom de la 3ème actrice (celle qui pleure) ? elle m’a bouleversé…
    Oui les choses bougent, ça se sent aussi dans les derniers dramas, il y a plus de dramas centrés sur les femmes (avec peu voire sans rôles masculins en lead). Mais il reste un long chemin à parcourir.

    Je viens d’acheter le roman Kim Ji Young, née en 1982. je regarderai le film ensuite. Je compte le lire en mars pour « mars au féminin » ( un « challenge » de lecture centré sur les auteures et les livres féministes).

    J'aime

    1. J’ai pris beaucoup de plaisir dans ce projet et je suis contente de voir que cela est partagé. 🙂

      Oui, je trouve que cette vidéo laisse une forte impression ! Je vois que tu as trouvé le nom de l’actrice. 🙂

      C’est déjà bien que le chemin soit enclenché même s’il reste beaucoup de choses à faire…

      J’ai adoré le livre, je dois encore découvrir le film. As-tu un lien vers le challenge ?

      Aimé par 1 personne

      1. L’organisatrice : https://www.instagram.com/floandbooks/
        le groupe facebook : https://www.facebook.com/groups/282279238972779
        il y a aussi un discord
        En gros, il y a 2 menus au choix : 1. avec catégories (biographie de femme, classique du féminisme, essai, polar, sujet d’actualité, classique) et 2. sans catégories (juste des autrices)
        j’y participe un peu en touriste (avec le menu 2) car je fais 2 lectures communes et deux autres challenges en // : Blossom spring challenge et le Printemps de l’imaginaire francophone (PIF). Mais j’essaierai de privilégier les autrices en mars 🙂

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