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[K-Movie] House of hummingbird

House of hummingbird
House of hummingbird

Titre original: 벌새 / Beolsae
Pays: Corée du Sud
Genre: Drame
Durée: 138 minutes
Sortie: 6 Octobre 2018 (projection en festival) / 29 Août 2019
Réalisatrice: Kim Bo Ra
Scénariste: Kim Bo Ra
Productrices: Zoe Sua Cho, Kim Bora
Compositeur: Matija Strniša
Directeur de la photographie: Kang Gook Hyun
Sociétés de production: Epiphany Film, Mass Ornament Films
Casting principal: Park Ji Hoo (Eun Hee), Kim Sae Byuk (Young Ji), Jung In Ki (père de Eun Hee), Lee Seung Yeon (mère de Eun Hee), Park Soo Yeon (Soo Hee – soeur de Eun Hee), Son Sang Yeon (Dae Hoon – frère de Eun Hee)

Eun Hee est une adolescente de 14 ans. Elle a grandi dans une famille dysfonctionnelle mais certainement typique. Ses parents qui tiennent un petit magasin de gâteaux de riz se disputent constamment devant leurs enfants. Dernière de la famille, Eun Hee a une grande sœur rebelle avec qui elle partage sa chambre et un grand frère qui la frappe souvent. En plus de l’ambiance pesante de sa maisonnée où elle ne trouve pas sa place, Eun Hee doit affronter d’autres problèmes. Elle ne se plaît pas à l’école ; elle n’est pas très scolaire et préfère dessiner plutôt qu’étudier. Elle doit de plus faire face à l’angoisse d’une maladie. Ses difficultés sont aussi d’ordre affectif puisque ses relations amicales ou amoureuses sont décevantes.

Quand ma vie va-t-elle commencer à s’ensoleiller ? – Eun Hee

Eun Hee rêve ainsi d’une vie meilleure. Le film suit la vie de Eun Hee et ses relations avec les autres. Elle se sent étrangère à ce qui l’entoure. Son mal-être va cependant être compris par sa nouvelle professeure de chinois, Kim Young Ji. Avec ses manières franches, cette dernière va l’aider à s’accepter telle qu’elle est.

Le plus difficile dans la vie est d’apprendre à s’accepter, puis à s’aimer. – Young Ji

L’histoire se déroule en 1994 à Séoul. Cette année a vu beaucoup d’événements : la coupe du monde, la mort du leader nord-coréen Kim Il Sung et l’effondrement du pont Seongsu. Ce désastre occupe une place centrale dans le film et permet à la famille de se parler. Eun Hee se sent en marge de celle-ci mais elle y a pourtant sa place. Des petits gestes et quelques paroles suffisent à faire ressentir l’amour des parents pour leurs enfants ainsi que celui de ses frère et sœur. Cela n’efface pas toute la violence qu’elle côtoie mais lui permet de comprendre qu’elle compte. Le contexte historique reste cependant discret avec les événements annoncés à la télévision ou dans les journaux plutôt que vraiment vécus, une chanson écoutée à un moment, quelques messages envoyés sur un pager…

Les histoires de passage à l’âge adulte sont légion mais ce film se distingue par son ton doux et observateur. La caméra suit le point de vue de Eun Hee sans pour autant entrer dans son esprit. Les autres personnages ne servent qu’à donner du relief à Eun Hee. Il y a des non-dits et des problèmes non résolus, puisque la vie de Eun Hee va continuer. Tout ne s’améliore pas subitement. Elle aura simplement appris à s’aimer et à s’accepter, et pourra ainsi se faire sa place dans ce monde. Kim Bo Ra nous donne à voir un film très délicat, écrit et réalisé avec finesse, sur le touchant récit initiatique de la solitaire Eun Hee. La performance de l’actrice Park Ji Hoo est toute en subtilité.

D’une durée de plus deux heures, House of hummingbird se permet de longs plans contemplatifs. Il n’y a pas cependant pas d’instants de trop puisque toutes les scènes sont importantes pour montrer l’évolution d’Eun Hee. Ce film est son voyage. A la fin de celui-ci, elle est prête à affronter ce que le monde lui offrira.

Ressenti : ★★★★☆

Trailer :