Avis·Films·Les femmes coréennes dans la production audiovisuelle

[K-Movie] The way home

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Titre original: 집으로 / Jibeuro
Titre français: Jiburo – Sur le chemin de la maison
Pays: Corée du Sud
Genres: Famille, Comédie dramatique
Durée: 87 minutes
Sortie: 4 Avril 2002
Réalisatrice: Lee Jeong Hyang
Scénariste: Lee Jeong Hyang
Producteurs: Wang Jae Woo et Whang Woo Hyun
Compositeurs: Kim Dae Hong et Kim Yang Hee
Directeur de la photographie: Yun Heung Sik
Société de production: Tube Entertainment
Société de distribution: CJ Entertainment
Casting principal: Kim Eul Boon (la grand-mère), Yoo Seung Ho (Sang Woo)

Je souhaitais faire le portrait d’une grand-mère proche de la nature qui nous donne la vie et nous aide à grandir. Je voulais absolument que les lieux de tournage restent les plus authentiques possibles et que la grand-mère soit quelqu’un qui donne de manière inconditionnelle. – Lee Jeong Hyang [1]

Comme la plupart des projets de Lee Jeong Hyang, Jiburo a muri pendant quelques années avant de voir le jour. Ce récit à la portée universelle est dédié à toutes les grands-mères comme le précise la dédicace de fin « En hommage à toutes les grands-mères ». Son rôle était donc très important à pourvoir. La réalisatrice a commencé par chercher le lieu du tournage. En effet, la majorité de l’action du film se passe dans un petit village. Elle a choisi Jeetongma, dans la province de Gyeongsang. Dans un village voisin où ne résidaient que huit familles, essentiellement composées de personnes âgées, elle fait la connaissance de Kim Eul Boon qui n’avait jamais vu un film de sa vie. Elle l’a convaincu d’interpréter son rôle titre. Les autres interprètes étaient aussi des acteurs amateurs à l’exception du rôle central joué par Yoo Seung Ho (qui a aujourd’hui la carrière qu’on lui connaît !). Ce dernier, comme son personnage, n’était pas habitué à la campagne. Au début du tournage, il avait très peur des sangsues qui pullulaient mais plus tard il finit par les utiliser pour réaliser des farces aux membres de l’équipe. [1]

Le tournage initialement prévu pour durer deux mois a duré trois fois plus de temps en raison de la météo et des lieux peu praticables mais surtout pour la méthode de travail employée par la réalisatrice. Lee Jeong Hyang souhaitait respecter la chronologie des scènes et non procéder par lieux afin de privilégier l’évolution de la relation des personnages au fil de l’histoire.

Je pensais au départ que le tournage ne dépasserait pas deux mois mais en réalité il a duré six mois. Je ne voulais pas tourner les scènes en les regroupant par lieu comme on le fait traditionnellement au cinéma. Je voulais tourner dans l’ordre chronologique de l’histoire pour saisir au mieux l’évolution subtile des émotions et des relations entre les personnages. – Lee Jeong Hyang [2]

Pour réaliser son film, Lee Jeong Hyang a privilégié le plan fixe. Les personnages sont aussi souvent filmés en plan rapproché ce qui permet de mettre en valeur les relations entre la grand-mère et son petit-fils. Les plans plus larges sont plus descriptifs. J’ai apprécié de voir l’aspect très rural de ce petit village coréen. Le contraste entre le monde urbain et le monde campagnard est très fort.

Au début du film, une mère célibataire, en proie a des difficultés financières, décide de laisser son fils de sept ans avec sa mère muette dans un village très reculé et dans une maison isolée. Ayant fui la maison familiale très jeune, la mère présente le petit-fils à sa grand-mère pour la première fois. Les laissant seuls tous les deux, avec quelques jouets et de la nourriture pour son fils Sang Woo, elle regagne la ville. Le jeune garçon n’accepte pas cette décision et déverse sa frustration sur sa grand-mère.

Sang Woo est un garçon capricieux. Habitué à la vie citadine, l’acclimatation à la vie rurale est très rude. Il n’a plus son confort habituel. Ses premières journées sont occupées par ses jeux vidéos et ses divers jouets mais lorsque les piles rendent l’âme, il s’ennuie. Sa grand-mère est une très vieille femme muette qu’il ne connaît pas et qui mène une vie très éloignée de celle à laquelle il est habitué. Il se montre hostile envers sa grand-mère, lui jouant des mauvais tours ou l’insultant. Pour autant, celle-ci demeure imperturbable. La grand-mère éprouve pour lui un amour inconditionnel. Elle tente tant bien que mal d’accéder à ses demandes. Très pauvre et diminuée physiquement, elle sacrifiera pourtant son argent et fera de nombreux efforts pour que son petit-fils puisse obtenir ce qu’il désire. Même s’ils ont des difficultés à communiquer, elle ne renonce pas à lui. Elle ne sait lire ni écrire, elle est très lente dans tous ses gestes, mais elle fait preuve d’une grande tendresse.

La nouvelle vie de Sang Woo s’écoule lentement. Il essaye de se lier d’amitié avec les quelques enfants du village, notamment une fillette de son âge. Il est jaloux d’un garçon qui est très proche d’elle. Peu à peu, il se rapproche de sa grand-mère, remarquant ses gestes désintéressés. Le chemin à parcourir a été long. Lorsqu’un pas en avant était fait, un pas en arrière n’était jamais loin. Le spectateur est souvent révolté du comportement de Sang Woo. La grand-mère laisse passer tous les actes de violence et fourberie de Sang Woo envers elle. Cette lente évolution est cependant touchante à voir. La réalisation montre la complicité qui se tisse petit à petit entre Sang Woo et sa grand-mère, notamment à travers des moments humoristiques.

Lorsque Jiburo se terminera, vous aurez certainement le sourire aux lèvres. Vous repenserez avec compassion à cette grand-mère mais aussi à vos propres ancêtres. A ce qu’ils ont sacrifié pour vous permettre d’être qui vous êtes aujourd’hui.

Ressenti : ★★★☆☆

Sources :
[1] Festival de Clermont
[2] Divers dossiers pédagogiques sur le film

10 commentaires sur “[K-Movie] The way home

  1. Ah je suis ravie d’en apprendre un peu plus sur ce film !
    J’avais tellement été triste pour cette grand mère. Elle donne tout ce qu’elle a pour le petit garçon qui est vraiment exécrable pendant tout une partie du film.

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    1. Oui, j’ai adoré découvrir les informations sur le film et la vision de la réalisatrice. ^^
      C’est clair que le garçon met longtemps à devenir plus agréable…

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  2. Merci pour cet article, c’était très intéressant de te lire, je n’avais aucune idée de comment s’était passé le tournage ni que les acteurs étaient des non-professionnels.
    J’ai vu ce film il y a longtemps mais j’en garde un bon souvenir, c’étaitt simple et touchant. Heureusement que le comportement du petit finit par changer à un moment donné…

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    1. Moi non plus, je l’ai découvert avec le dossier pédagogique (j’ai vu ce film dans le cadre d’un projet scolaire) et en faisant des recherches.
      J’ai beaucoup aimé cette simplicité.

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  3. C’est intéressant d’en découvrir plus sur l’histoire derrière le film ! Merci pour tes recherches. C’est toujours un plaisir de découvrir tes articles de cette « série » sur les réalisatrices 🙂

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