Avis·Films·Les femmes coréennes dans la production audiovisuelle

[K-Movie] South bound

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South bound

Titre original: 남쪽으로 튀어 / Namjjeukeuro Twieo
Titre alternatif: Run to the South
Pays: Corée du Sud
Genre: Comédie dramatique
Durée: 121 minutes
Sortie: 6 Février 2013
Réalisatrice: Im Soon Rye
Scénaristes: Kim Yoon Seok, Lee Kye Byuk, Na Hyun, Choi Moon Seok
Basé sur le roman japonais de Hideo Okuda
Producteurs: Kim Bo Ram, Lee Mi Young
Compositeurs: Dalpalan, Jang Young Gyu
Directeurs de la photographie: Cho Yong Kyu
Sociétés de production: Film Train et Gummy Film
Société de distribution: Lotte Entertainment
Casting principal: Kim Yoon Seok (Choi Hae Kap), Park Sa Rang (Choi Na Rae), Han Ye Ri (Choi Min Joo), Baek Seung Hwan (Choi Na Ra), Oh Yeon Soo (Ahn Bong Hee), Kim Sung Kyun (Bong Man Deok), Kim Tae Hoon (professeur principal de Min Joo), Joo Jin Mo (agent), Jung Moon Sung (agent)

Choi Hae Kap est un réalisateur de films qui est très critique envers le gouvernement. Malgré le peu de succès de ses films, il possède une petite fanbase. Jugé subversif par le gouvernement, il est surveillé par celui-ci depuis longtemps. Quelques agents se renseignent donc quotidiennement sur lui notamment en jugeant ses convictions communistes. Il est marié à Ahn Bong Hee qui le soutient dans ses choix de vie. Lorsqu’elle était étudiante à l’université, elle a fait partie du mouvement de résistance contre le gouvernement. Tous les deux ressentent toujours la même idéologie. Ils étaient surnommés Choi Guevara et Jeanne d’Arc à l’époque. Ils possèdent un petit commerce qui semblerait être une maison de thé. En tout cas, on n’y voit jamais aucun client. Il leur est donc difficile de subvenir à leurs besoins.

Leur famille est composée de trois enfants. La plus grande, Choi Min Joo, a arrêté le lycée. Elle prend des cours de stylisme en tentant l’entrée d’une école tout en travaillant à temps partiel dans une épicerie. Son ancien professeur principal vient souvent la voir pour prendre de ses nouvelles. Il a manifestement le béguin pour elle. Le cadet, Choi Na Ra, est un collégien. Il se sent délaissé par son père au point de fuguer (et en prévenant pour que son père puisse avoir l’occasion de réagir…). Lorsqu’il voit des personnes victimes de harcèlement ou qu’il en est lui-même victime dû à ses conditions familiales, il est prêt à en découdre, notamment poussé par son père. La benjamine, Choi Na Rae, est une écolière. Elle est adorable et aime beaucoup sa famille.

La famille vit plutôt pauvrement sans pour autant manquer de choses essentielles. Le père est souvent envoyé en prison – quelques nuits ? quelques mois ? – en raison de ses actions alors c’est surtout la mère qui soutient financièrement la famille mais cela ne suffit pas à payer les factures courantes. Un ami d’enfance des parents, Bong Man Deok, est propriétaire d’une petite maison située sur une île très isolée. Cette dernière a été vendue à un membre du Congrès qui compte tout raser pour y bâtir une station touristique. Bong Man Deok retrouve Choi Hae Kap et Ahn Bong Hee pour essayer de faire changer d’avis l’homme politique et ainsi récupérer son bien.

Après diverses péripéties, la famille de Choi Hae Kap déménage dans l’ancienne maison de Bong Man Deok sans leur aînée. Celle-ci est partie habiter chez une amie pour travailler sur sa pièce de design lui permettant d’obtenir son diplôme. Officiellement, la maison tout comme l’île appartient au membre du Congrès. Cependant, Choi Hae Kap ne se considère pas comme un citoyen coréen car il est contre le système et il ne reconnaît donc pas l’autorité. La maison est sommaire, sans électricité ni eau courante. Toutefois un générateur et des pompes font circuler de l’énergie et de l’eau. La famille peut ainsi vivre sans avoir à payer quoi que ce soit au gouvernement. Ils se nourrissent de plantations qu’ils cultivent dans les champs et de poissons que le père pêche. L’île est principalement composée de seniors mais ceux-ci sont encore très actifs, que ce soit aux champs ou à la pêche.

La famille vit chichement mais semble heureuse. Les enfants et leur père se rapprochent et partagent des moments complices. La mère prend en charge l’éducation des enfants car l’école de l’île n’accueille que deux petites filles sans aucun professeur. Ils s’amusent ensemble ainsi qu’avec les résidents de l’île et les deux agents surveillant Choi Hae Kap depuis le début. Ils sont en effet contraints de continuer leur filature tout comme ils ont dû assister précédemment à la projection d’un des films du réalisateur. Le duo apporte notamment de l’humour dans plusieurs situations.

Le bonheur que la famille éprouve est cependant menacé. En effet, l’île est vendue et l’homme politique n’a aucunement l’intention de renoncer à son projet de reconstruction. S’il est vrai que l’île est composée principalement de personnes âgées, celles-ci apprécient leur vie ici. La plupart des résidents se sont fait bernées par les belles paroles du politicien. Choi Hae Kap n’a aucunement l’intention de laisser le membre du Congrès détruire cette île et son habitation. Avec l’aide des personnes qui l’entourent depuis le début du film, il défendra ses possessions jusqu’au bout.

Choi Hae Kap est prêt à tout pour défendre ses libertés, sauf à sacrifier sa famille. Il la protégera quoi qu’il lui en coûte. Cependant, sa femme n’a pas besoin de l’être et sera comme depuis toujours son soutien. Avec ce film, la réalisatrice adresse un point de vue critique sur la croissante incessante de la Corée du Sud en l’opposant à une vie paisible. (Dans une certaine mesure, on peut retrouver ce regard dans sa production Little forest.) Les personnages sont agréables à suivre, qu’ils soient principaux ou secondaires. Le film dure peut-être un peu trop longtemps, l’intrigue est longue à mettre en place avant d’arriver sur cette île isolée. Cependant, cela permet de bien situer les enjeux sociétaux et la critique gouvernementale. Je reste toutefois perplexe par rapport à la scène d’ouverture du film qui annonce le dénouement n’est pas celle de fin.

Ressenti : ★★★☆☆