Les femmes coréennes dans la production audiovisuelle·Réalisateurs & Réalisatrices

[K-Director] Im Soon Rye

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Nom : 임순례 / Im Soon Rye
Autres écritures : Lim Soon Rye / Yim Soon Rye
Pays : Corée du Sud
Date de naissance : 01/01/1961

Je veux qu’on se souvienne de moi comme d’une réalisatrice qui a partagé des regards chaleureux.

Im Soon Rye est née le 1er janvier 1961 à Incheon.  Dès l’enfance, elle a pu profiter des salles de cinéma grâce à une tante originaire de Mandchourie. Elle a vécu un moment charnière de sa vie alors qu’elle fréquentait le lycée Inil Girl lorsqu’un film avec l’actrice populaire Lim Ye Jin, The Double Rainbow Hill, a été tourné dans sa classe. En regardant les acteurs et les actrices se soumettre à un jeune réalisateur, elle a commencé à se demander ce qu’était le rôle des réalisateurs.  Après avoir obtenu son diplôme de littérature anglaise de l’université de Hanyang, elle a aussi obtenu celui du département de théâtre et de cinéma. Pendant ses études universitaires, elle est de plus en plus curieuse en découvrant des films non conventionnels à l’Institut français. En conséquence, elle est partie étudier à l’Université Paris-VIII en 1992 où elle réalise son désir en regardant pas moins de 1000 films et en obtenant son master avec une thèse sur Kenji Mizoguchi.

De retour en Corée du Sud, alors âgée de 33 ans, elle a assisté le réalisateur Yeo Kyun Dong sur son film Out to the world. Cette même année, elle est inspirée pour réaliser sa propre œuvre et a tourné le court-métrage Walking in the rain qui remporte le prix du meilleur film au premier festival du court-métrage de de Séoul. Son long-métrage suivant, Three friends, remporte le prix NETPAC au premier Festival International du Film de Pusan. Il explore le phénomène d’exclusion sociale à  travers la vie de trois jeunes hommes qui ont du mal à s’adapter au système social. En 2001, elle a réalisé le film Waikiki Brother racontant l’histoire d’un groupe musical en difficulté qui voyage d’une vile à l’autre pour donner des concerts. En 2003, la Commission nationale des droits de l’homme de Corée a produit le court-métrage The Weight of Her. Ce dernier est une critique satirique sur la beauté féminine et l’image du corps, avec l’apparition de la réalisatrice étant appelée « femme grosse » dans une scène.

Depuis ses débuts, ses films s’intéressent aux histoires de personnes marginalisées. Elle raconte avec sensibilité et perspicacité les histoires de ces hommes et femmes. En 2001, elle a réalisé un documentaire intitulé Keeping the Vision Alive : Women in Korean Filmmaking racontant l’histoire des réalisatrices coréennes pionnières.  À travers des images et des interviews, la réalisatrice laisse les femmes partager leurs expériences, leurs luttes et leur survie dans l’industrie cinématographique coréenne conservatrice et sexiste dominée par les hommes.

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Ses films racontent subtilement de lentes histoires et sont principalement destinés à des festivals. Cependant, elle a rencontré le succès commercial avec le film Forever the moment/Our finest hour en 2008 qui est basé sur l’histoire vraie de l’équipe nationale féminine coréenne de handball qui a remporté la médaille d’argent aux jeux olympiques d’Athènes en 2004. Le film a fait plus de 4 millions d’entrées en Corée du Sud, avec un casting composé d’acteurs populaires. Si le long-métrage comporte des moments larmoyants et d’autres plus comiques, il dépeint aussi la discrimination que les femmes coréennes subissent de la part des hommes. Ce film remporte plusieurs prix dont celui du meilleur film au 29ème Blue Dragon Film Award.

Ses films suivants sont des courts-métrages ou des longs-métrages sortant en salle et rencontrant du succès. Ils sont adaptés de romans, inspirés d’histoire vraie ou racontent des choses en quoi elle croit. Sa sensibilité s’exprime toujours à travers eux et elle est aujourd’hui une réalisatrice reconnue, la sixième femme réalisatrice coréenne. Elle raconte des vies marginalisées dans un format simple et dans un récit calme. Cela est tout à fait le ton de son dernier long-métrage Little Forest sorti en 2018. 

Au fond, je m’intéresse beaucoup aux faibles socialement. Par conséquent, les thèmes de mes films se concentrent naturellement sur des domaines que les gens négligent ou ignorent. Cela a donc conduit à des activités dans des organisations apparentées.

Elle est la directrice du Centre pour l’égalité des sexes dans le cinéma coréen (Deun-Deun) et la directrice des opérations de la Commission du film d’Incheon. Elle est aussi militante des droits des animaux et elle a fondé l’organisation Korea Animal Rights Advocates (KARA). Elle voulait améliorer l’environnement des animaux. Elle a produit le film à sketchs Sorry, Thank you avec trois autres réalisateurs qui explore la relation entre les humains et leurs animaux de compagnie. Dans son court-métrage Cat’s Kiss, un père est en désaccord avec sa fille en raison de sa propension à recueillir des chats errants, jusqu’à ce qu’il se mette lui-même de plus en plus à s’occuper d’eux.

Filmographie :

  • 리틀 포레스트 – Little forest (2018)
  • 제보자 – The Whistleblower (2014)
  • 남쪽으로 튀어 – South Bound (2013)
  • 미안해, 고마워 – Sorry, Thank you : Cat’s Kiss (2011)
  • 소와 함께 여행하는 법 – Rolling Home With A Bull (2010)
  • 날아라 펭귄 – Fly, Penguin (2009)
  • 우리 생애 최고의 순간 – Our finest hour (2008)
  • 여섯 개의 시선: 그녀의 무게 – If You Were Me : The Weight of Her (2003)
  • 와이키키 브라더스 – Waikiki Brothers (2001)
  • 아름다운 생존 – 여성영화인이 말하는 영화 – Keeping the Vision Alive : Women in Korean Filmmaking (2001)
  • 세 친구 – Three friends (1996) )
  • 우중산책 – Promenade in the rain (1994)

Sources :
Cine21
Korean Film Archive
Blog de Marlies Gabriele Prinzl
K Water
Wikipedia FR