Les femmes coréennes dans la production audiovisuelle·Réalisateurs & Réalisatrices

[K-Director] Hong Eun Won

real_hongeunwon1

Nom : 홍은원/ Hong Eun Won
Pays : Corée du Sud
Date de naissance : 04/09/1922
Date de décès : 05/01/1999

Hong Eun Won est née le 4 septembre 1922 à Suncheon. Deuxième fille d’une famille soucieuse de l’éducation de ses enfants, elle s’est intéressée très tôt au cinéma. Elle a regardé de nombreux films pendant ses années au lycée pour filles de Kyeonggi et elle a été fascinée par les films français comme Un carnet de bal et Pepe le Moko de Julien Duvivier. Après ses études, elle est allée en Mandchourie avec son père en 1940. Elle a rejoint les chanteurs du chœur Sinkyeong où elle a rencontré le réalisateur Choi In Gyu. Elle était chanteuse solo et jouait aussi l’héroïne de l’opéra.

Après la libération de la Corée de la domination japonaise, elle est retournée à Séoul et a travaillé comme membre de la chorale de Central Broadcasting de Séoul (actuellement KBS). En 1946, persuadée par Choi In Kyu, elle commence sa carrière dans dans l’industrie cinématographique en tant qu’assistante réalisatrice pour le film An Innocent Criminal (1948). Elle travaille ainsi pendant de longues années en tant que superviseuse de de scénario et assistante réalisatrice aux côtés des réalisateurs célèbres Choi In Gyu, Jeon Chang Keun, Lee Kang Cheon et Yu Du Yeon.

Elle a ensuite fait ses débuts en tant que scénariste de The Sympathy and the Heartless réalisé par Sin Kyeong Kyun en 1959 et est ainsi devenue la première femme scénariste en Corée. Après avoir assisté sur plus de dix films pendant plus d’une décennie, elle réalise son premier long métrage à quarante ans. A Woman Judge (1962) est un mélodrame social racontant l’histoire d’une femme juge essayant de juguler sa vie professionnelle et sa vie de famille. Inspiré d’un véritable événement, il dramatise le suicide d’une juge femme. Lorsque le film sort en salle, Hong Eun Won avait rendu clair qu’elle souhaitait réaliser des films dépeignant la vie de femmes, vues à travers les yeux d’une femme plutôt que d’être imaginée par des scénaristes et réalisateurs hommes. Ce film a été acclamé pour son intrigue bien menée et pour sa représentation de la psychologie délicate des femmes. Hong Eun Won a ansi été reconnue pour ses talents de réalisatrice et pouvait donc vraiment défier le monopole des réalisateurs masculins sur les mélodrames très émouvants caractéristiques de l’âge d’or des mélodrames des années 50 et 60.

Elle a après cela réalisé deux autres mélodrames qui suivent les mêmes lignes directives que son premier : raconter des histoires de femmes selon une perspective féminine. A single mom (1964) parle d’une veuve qui se sacrifie pour ses enfants et What Misunderstanding Left Behind (1966) d’une femme résistant aux conventions de la société.

Les films qu’elle a réalisés ne recevaient malheureusement que peu d’attention du public, la poussant ainsi à seulement écrire des scénarios. Après son dernier film, elle a écrit plusieurs pièces de théâtre. Ses films ont pour la plupart disparus mais une copie de A Woman Judge a été trouvée il y a quelques années.

Filmographie :

  • 오해가 남긴 것 – What Misunderstanding Left Behind (1966)
  • 홀어머니 – A Single Mom (1964)
  • 여판사 – A woman judge (1962)

Sources :
The Changing Face of Korean Cinema: 1960 to 2015
Korean Film Archive