Les femmes coréennes dans la production audiovisuelle·Réalisateurs & Réalisatrices

[K-Director] Park Nam Ok

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Nom : 박남옥/ Park Nam Ok
Pays : Corée du Sud
Date de naissance : 24/02/1923
Date de décès : 08/04/2017

Park Nam Ok est née le 24 février 1923 à Hayang dans la province de Kyungsangnam, la troisième d’une riche famille de dix enfants. Elle a apprécié le cinéma et l’art depuis son plus jeune âge, collectionnant The Complete Series of World Arts publié au Japon, et envoyant même des lettres de fan à Kim Sin Jae, une actrice populaire de l’époque. Elle est douée dans les domaines de la littérature, de l’art et de l’éducation physique, obtenant même un prix lors d’un festival sportif. Après le lycée, elle voulait étudier au Japon mais ses parents ont refusé et l’ont forcée à aller à l’université. Elle a étudié à l’école professionnelle pour femmes de Ewha avant d’arrêter sans avoir obtenu son diplôme pour travailler en tant que journaliste à Daegu. Elle a écrit des critiques de films pour le département de la culture du journal The Daily News of Daegu.

Après la libération de la Corée du Japon, elle a travaillé à partir de 1945 pour la Chosun Film Company grâce au réalisateur Yoon Yong Kyu. Elle est impliquée en tant que scénariste dès 1947 dans le film A New Oath réalisé par Shin Kyeong Gyun et s’est découvert une passion pour la réalisation. Pendant la guerre de Corée, elle a travaillé sur un film de guerre où elle a rencontré son mari Lee Bo Ra. Elle a fondé la société « Sister Productions » grâce à de l’argent fourni par sa grande sœur.

Elle a ainsi tourné son premier et dernier film, The Widow, basé sur un scénario de son mari, durant l’hiver 1954. Le budget était très serré, elle a dû filmer le film sur un film de 16 mm. Je fais un petit aparté sur ce format puisque comme je ne savais pas exactement ce que cela signifiait, peut-être que vous aussi. Le format 16 mm représente une pellicule cinématographique d’une largeur de 16 mm lancé par Kodak en 1923 proposant ainsi un format et un matériel plus économique, plus léger et plus facile à mettre en œuvre que le 35 mm standard (celle la plus utilisée pour le cinéma argentique).

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Personne ne pouvant s’occuper de son bébé de moins d’un an, elle a dû travailler avec sa fille sur le dos (cf photographie). Elle a aussi fourni des repas à son personnel pendant le tournage du film. Elle a construit une zone de tournage sur un terrain vide mais le pays étant en ruine à l’époque, il lui était difficile d’obtenir du matériel pour tourner. Surmontant toutefois tous les obstacles et supervisant tous les détails de production : le tournage, l’enregistrement, la collecte de fonds et le montage, son film a pu sortir le 2 avril 1955. Elle est devenue la première réalisatrice sud-coréenne.

A travers The widow, elle explore le désir des femmes après la guerre de Corée. Dans ce film, une jeune veuve manque d’argent pour élever sa fille. Très jolie, elle se fait courtiser par un jeune homme, amant de l’épouse d’un homme qui était ami avec son défunt mari. Ils décident de se marier mais sa fille n’approuve pas cette union.

Le film n’a pas atteint le succès commercial espéré, publié à une époque où le peuple coréen, à peine sorti de la guerre, n’était pas familier avec le désir d’une femme de poursuivre son bonheur plutôt que de tout sacrifier pour sa famille comme le régissait le côté confucéen. Le film montre aussi les dégâts causés par la guerre sur la population féminine. Malgré les sacrifices de Park Nam Ok et les bonnes critiques, sa carrière de réalisation s’est ainsi terminée. Pour vous montrer à quel point la société était discriminatoire à l’époque, elle n’a pu sortir son film qu’après le nouvel an parce qu’il était considéré malchanceux de commencer la nouvelle année avec un film réalisé par une femme. [1]

J’ai terriblement souffert quand j’ai réalisé The Widow, mais lorsque je repense à cette période, je donnerai tout ce que j’ai pour vivre à nouveau ces jours. – Park Nam Ok

Elle a divorcé en 1956 et foncé un magazine de films nommé Cinemafan mais ses parents l’ont forcé à abandonner et à travailler pour son beau-frère. Elle est ensuite partie vivre aux États-Unis où résidait sa fille.

Un documentaire filmé en 2001 par Kim Jae Eui et produit par Women In Film Association of Korea raconte l’histoire de Park Nam Ok. Elle a reçu en 2008 un prix honorifique donné par Yim Soon Rye à l’occasion du Festival international du film pour femmes de Séoul. Park Nam Ok a quitté la Corée du Sud en 1992 pour les Etats-Unis. Elle est décédée le 8 avril 2017 à l’âge de 94 ans de causes naturelles à son domicile de Los Angeles en Californie.

Filmographie :

  • 미망인 – The widow (1955)

Sources :
Wikipedia FR
Korean Film Archive
Seen in Jeonju
[1] Article du IndieWire